Les bébés lièvres de Mme Ménard!

Les bébés lièvres découverts par Mme Ménard ont pu obtenir de bons soins. Ils seront relâchés dans la nature au printemps.
C’est au début de l’automne, le 13 septembre, que toute cette aventure a commencé. À ce moment, Mme Ménard, résidente du secteur Iberville, a fait la découverte de trois bébés lièvres dans un nid sur son terrain. Elle les a d’abord observés pour se rendre rapidement compte qu’aucune mère ne venait prendre soin de cette progéniture, mais surtout, que plusieurs chats rôdaient dans les parages.
Après 48 heures, elle décide donc de prendre la relève de cette mère absente et d’éviter du même coup un carnage par la gente féline du voisinage. Lorsque Mme Ménard me consulte, c’est parce qu’il y a déjà 24 heures qu’elle est en charge de cette marmaille et que rien n’y fait: ils ne boivent pas plus qu’ils n’urinent et défèquent. À court terme, on court vers la catastrophe.
D’abord, il faut savoir qu’au Québec, on surnomme souvent à tort les lapins «sauvages» des lièvres. Selon le site de l’Encyclopédie canadienne et celui de la Faune et de la flore du pays, il existe quatre sortes de lièvres au Canada, le plus commun étant le lièvre d’Amérique (Lepus americanus). Mais il existe aussi des lapins à l’état sauvage, le plus fréquemment observé étant celui à queue blanche (Sylvilagus floridanus) qui fait partie de l’une des deux espèces indigènes.
À cette période de l’année, dans votre cour, cela se résume comme suit: s’il a la queue blanche, il s’agit d’un lapin et s’il est tout brun, il s’agit d’un lièvre. D’autres différences plus subtiles sont observées: le lièvre a les oreilles plus courtes, il construit son nid à même le sol contrairement au lapin qui le fait dans un terrier et les levrauts vont naître couverts de poils et bien développés, alors que les lapereaux seront nus et beaucoup moins autonomes, étant aveugles par exemple.
Explication
La mère lièvre, tout comme pour le lapin, ne va s’occuper de ses bébés qu’une à deux fois par jour, mais pour compenser l’apparent manque de soin, son lait est constitué d’une grande quantité de protéines et de lipides tout en ayant un faible pourcentage d’eau.
En outre, le bébé sera capable de boire en un seul repas 20% de son poids. À cause de ces particularités, il est fréquent de penser que des bébés soient orphelins puisqu’on ne voit jamais de mère aller au nid. N’y passant que très rarement, et surtout à l’aube, au crépuscule ou carrément la nuit, il est aisé de croire le nid abandonné par la mère. Ne faites ainsi pas l’erreur de déranger une portée qui se porterait autrement très bien.
Mais s’il y a lieu de croire que des soins soient nécessaires à cause d’un accident à la mère ou de par la présence de prédateurs, vous pouvez prendre le risque d’élever cette petite famille.
Il faudra d’abord penser à prévenir l’hypothermie. Ensuite voir à l’hydratation. Plusieurs recettes de lait existent, mais il s’agit généralement de lait de remplacement de chaton (parce que déjà riche en protéines) combiné à une source supplémentaire de gras et de protéines comme un œuf ou de la crème. Comme ces repas au biberon seront moins nutritifs que le lait maternel, il sera bon de nourrir les bébés trois à quatre fois par jour.
Il faudra voir aussi à leur faire faire leurs petits besoins, du moins pendant la première semaine de leur vie. Et après une quinzaine de jours, on verra à leur offrir une belle qualité de foin pour ajouter d’autres types de nourriture solide vers trois semaines.
Particularités
Dans le cas qui nous concerne, le plus difficile était de savoir quels soins offrir et à quel moment puisque l’âge des nourrissons était inconnu. Quelle quantité de lait offrir? Quand introduire le foin? Plusieurs autres questions restaient sans réponse: à quelle fréquence stimuler la miction et la défécation? Quand commencer à diminuer les quantités de lait offertes et à quel rythme? À quel moment les remettre en liberté?
Sachant que des bébés lièvres naissent avec un poids variant entre 45 et 75 grammes, on peut croire que les levrauts de Mme Ménard étaient bien jeunes au moment de leur découverte puisqu’ils pesaient entre 82 et 88 grammes. Il a été bien difficile pour elle de ne pas les flatter, les bécoter, de ne pas les habituer à se faire prendre et surtout, à ne pas leur donner de nom, tout cela sur mes recommandations pour créer une barrière psychologique et être en mesure de relâcher des animaux le plus équilibrés possible.
Au printemps 2012, trois nouveaux individus s’ajouteront dans votre environnement afin de garder bien vivante ce qu’on appelle notre faune. Bravo pour votre travail Mme Ménard!.























