Le Grand-duc d’Amérique: le «tigre» des bois!
Lors d’une petite réception dans le temps des fêtes l’an passé, un des invités, sachant que je suis naturaliste, me demande tout bonnement s’il y a un danger à laisser son tout petit chien se promener tout seul, dehors, au chalet, quelque part dans les Cantons-de-l’Est. Une certaine précaution est de mise, lui dis-je, puisque quelques prédateurs terrestres pourraient s’en prendre à son toutou.
Le Coyote et le Renard roux sont bien présents dans le Haut-Richelieu et pourraient constituer un danger potentiel pour vos animaux domestiques. Le jour, dans un milieu champêtre, la Buse à queue rousse, alors qu’en milieu forestier, l’Autour des palombes, sont deux oiseaux de proie assez gros pour représenter un certain danger, mais les cas d’attaque de ces deux oiseaux sur des chats ou des chiens sont plutôt rares.
Par contre, le soir ou la nuit, si vous habitez un secteur boisé, il est fortement recommandé d’accompagner votre animal de compagnie. Il existe un prédateur ailé très efficace qui pourrait facilement capturer et s’envoler avec votre chat ou un tout petit chien. Ces cas d’attaque sont plus fréquents qu’on le pense, car le Grand-duc d’Amérique ne laisse pas beaucoup de trace après son attaque.
Espèces
Des 19 espèces de chouettes et hiboux que compte l’Amérique du Nord, le Québec en dénombre une dizaine. Des dix espèces présentes au Québec, sept ont déjà été observées dans le Haut-Richelieu. Il y a quatre de ces oiseaux qui nichent très au nord du Québec et on ne peut donc pas les voir ou les entendre ici au printemps.
Il y a la Chouette lapone, la Chouette épervière, la Nyctale de Tengmalm et le très populaire Harfang des neiges. Trois autres espèces peuvent nicher dans la région, mais il est assez difficile de confirmer leur nidification. Le Grand-duc d’Amérique est de loin, le hibou le plus observé dans la province de Québec. On en retrouve partout et la région du Haut-Richelieu est intéressante à plusieurs égards pour ce grand chasseur nocturne. Il aime chasser en milieu ouvert, ce que lui offrent les terres agricoles de la région, et il a besoin d’un milieu boisé pour y élever sa petite famille.
La présence des quelques fragments de zones boisées peut encore supporter une petite population de grands-ducs dans le Haut-Richelieu. Les zones boisées dans le secteur de L’Acadie ainsi que le pourtour du mont Saint-Grégoire sont de bons endroits pour y observer un Grand-duc d’Amérique. Février et mars sont de bons mois pour faire des randonnées nocturnes afin d’entendre hululer le grand-duc. Les femelles pondent leurs œufs dès la fin de février qui doivent être incubés pendant une trentaine de jours.
Pas de nid
Les oiseaux de proie nocturne ne fabriquent jamais leur nid. Le Grand-duc d’Amérique ne fait pas exception à cette règle. Il aime bien utiliser des nids déjà existants, comme un nid d’Écureuil gris, de Corneille d’Amérique ou de rapace diurne comme la Buse à queue rousse.
En ce temps-ci de l’année, et ce, jusqu’à la mi-mai, il est assez facile de repérer les structures qui pourraient être utilisées par le grand-duc et d’y jeter un coup d’œil tout au long du mois de mars pour voir si elles sont occupées.
Si vous trouvez un nid occupé par un couple de grands-ducs, évitez de trop les déranger car c’est un oiseau plutôt farouche face à l’homme et vos présences répétées pourraient lui faire abandonner le secteur. Il m’apparaît très important de vous dire que ce sont des oiseaux protégés par une loi provinciale et tout spécimen trouvé mort ou blessé doit être rapporté au bureau des agents de protection de la faune au 450 359-4194. Bonne randonnée nocturne!
Si vous avez des suggestions de sujets pour des chroniques à venir, n’hésitez pas à me contacter par courriel à henri.denis@sepaq.com
























