Les oiseaux ne se cachent pas pour mourir!

Le Carouge à épaulettes était en cause dans les articles de début d'année portant sur la mort de plusieurs centaines d'oiseaux. (Photo Marcel Gauthier)
Malgré une excellente série télévisée des années 90 tirée d’un adage qui formule que «Les oiseaux se cachent pour mourir», ce début d’année 2011 avec quelques événements malheureux impliquant des centaines d’oiseaux morts dans les rues et autres lieux publics d’une petite ville des États-Unis, nous démontre bien qu’il n’en est rien.
On devrait plutôt dire «Les oiseaux ne se cachent pas toujours pour mourir». Une petite «psychose» a rapidement déferlé sur Internet quand des centaines de poissons aussi ont trouvé la mort dans une zone proche du premier événement, mais il semble que les deux hécatombes ne soient aucunement reliées.
Des hypothèses les plus réalistes aux plus folles ont circulé dans les médias sociaux, ce qui n’a fait qu’alimenter les peurs d’un problème à l’échelle planétaire! Les Suédois aussi ont levé la main et même un citoyen de la région de Québec a senti le besoin de parler des pigeons qui sont subitement morts dans son coin.
Dans le premier cas, il semble que les oiseaux soient morts gelés après s’être fait aspirer dans une tornade au vent glacial, alors que la mort des poissons serait due hypothétiquement à une maladie, même si cela ne semble pas encore confirmé.
Des morts de masse fréquents
Être un oiseau et voler comme un oiseau est un des plus vieux rêve de l’homme. Mais il vous suffirait de 24 heures à vivre dans la peau d’un oiseau pour vous rendre compte que c’est une vie tout a fait abominable!
Dure, terriblement exigeante, qui n’a absolument rien à voir avec les belles images que l’on a en tête lorsque l’on observe ces magnifiques volatiles s’ébattre en nature. Ils sont colorés, ils chantent souvent merveilleusement bien, mais derrière ces beautés, se cache une vie pleine de dangers et de moments extrêmement difficiles. Ayant un appétit insatiable, ils sont continuellement en recherche de nourriture pour fournir l’énergie nécessaire à leur métabolisme.
Pendant cette recherche, ils doivent affronter de multiples dangers auxquels un simple moment d’inattention peut les blesser gravement ou carrément les tuer! Ceux qui passent l’hiver dans le sud doivent migrer…un exercice que bien des humains ne pourraient pas supporter. Ensuite, ils doivent affronter des dangers inexistants au Québec (lézards, serpents, alligators, etc.).
Ceux qui restent sont confrontés à la recherche de nourriture, au froid ainsi qu’aux conditions climatologiques pas toujours évidentes, comme les pluies verglaçantes, les redoux suivis de températures très froides en un court laps de temps, les vents violents, etc. Pour répondre à cette simple question «de quoi meurent les oiseaux», il est évident que c’est rarement de vieillesse!
Maladies
Les multiples maladies qui les affectent, la prédation ainsi que les collisions avec des «machines ou structures» humaines sont les principales causes de mortalités chez les oiseaux adultes. N’oubliez pas que moins de 50% des oisillons au nid ne parviendront pas à vivre plus d’un an! Ajoutez à cela les innombrables mortalités causées par des tempêtes, tornades, typhons et autres «catastrophes» naturelles sur leurs aires de nidification ou pendant leur migration, et c’est à peu près tous les jours que les médias pourraient être interpellés par des mortalités d’oiseaux.
Généralement, ces oiseaux seront morts en haute mer ou dans des habitats qui les cacheront aux yeux des humains. Comme les oiseaux morts aux États-Unis sont tombés en milieu urbain, cela a certainement joué dans la place prise par cette nouvelle dans les médias. Il est quand même important de vérifier lorsque de tels événements se produisent, mais sachez que cela est assez fréquent dans la nature et cela en a toujours été ainsi!
Si vous avez des suggestions de sujets pour des chroniques à venir, n’hésitez pas à me contacter par courriel à henri.denis@sepaq.com























