Une publicité pour dénoncer la maltraitance
J’imagine que vous avez eu l’occasion de voir la nouvelle publicité diffusée depuis le 3 octobre et mettant en vedette Yvon Deschamps, accoudé au comptoir d’un café et s’adressant directement à la caméra. Si vous l’avez vue, vous serez certainement d’accord avec moi: contrairement à ce que l’on attend généralement de la part de M. Deschamps, cette publicité n’est absolument pas rigolote.
Non, cette fois, notre comique national ne rit pas. En prêtant sa voix à la nouvelle campagne publicitaire gouvernementale pour la prévention de la maltraitance envers les aînés, il s’attaque à l’ignorance de la majorité qui garde cachées ces situations génératrices de tant de souffrance.
«Non mais, sérieusement, la maltraitance envers les aînés, c’est pas drôle du tout. Pis c’est pas parce que la majorité des gens comme moi savent pas que ça existe que ça fait moins mal». Dans des mots simples et clairs, l’humoriste de 75 ans parle enfin tout haut de ce qui est trop souvent vécu dans le plus grand silence.
Il me semble qu’il aurait été difficile de trouver un meilleur porte-parole qu’Yvon Deschamps pour cette cause. Quand l’humoriste adoré devient sérieux et grave, on a juste envie d’écouter. Par contraste des genres, le message devient tellement «punché» qu’il n’a pas le choix de passer.
Et faire passer un message comme celui-là , c’est un travail de longue haleine. Prenons l’exemple du combat mené pour ouvrir les yeux de la population sur la violence conjugale ou parentale. Évidemment, le combat n’est pas gagné et il y a encore beaucoup trop de situations de violence familiale qui perdurent.
Toutefois, le travail de sensibilisation qui s’est fait depuis 10, 20 ou 25 ans a fait en sorte d’établir sans l’ombre d’un doute le caractère odieux de ce genre de situations familiales et la nécessité d’en sortir. Les témoins sont eux aussi grandement sensibilisés.
Éveiller les consciences
Le parcours sera peut-être un peu semblable pour la question de la maltraitance faite à l’endroit des aînés. Ce qui était inconnu et tabou il y a encore peu de temps commence peu à peu à faire jaser. Et c’est en éveillant les consciences qu’on arrive progressivement à sortir les victimes de leur mutisme et à rendre leur entourage plus réceptif.
Rappelons donc les coordonnées de la ligne téléphonique Aide Abus Aînés, mise en place le 1er octobre dernier par le ministère de la Famille et des Aînés. Il s’agit d’une ligne de référence gratuite, accessible partout au Québec. La ligne est en fonction tous les jours de 8 à 20 heures au numéro suivant: 1-888-489-ABUS (2287).
En téléphonant à la ligne Aide Abus Aînés, les victimes, membres de la famille, intervenants ou témoins de situations de maltraitance, pourront obtenir de l’aide et être dirigés par des professionnels vers les ressources appropriées.
Pour nous joindre: Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées (AQDR), tél: 450 357-9545, courriel: projet.aqdrhr@live.ca
























Je suis moi-même une aînée et j’ai été frappée par les annonces à la télévision sur la maltraitance (Y. Deschamps) qui m’ont inspirée un poème sur le sujet. Si ce témoignage pouvait vous servir à éveiller les consciences, je serais heureuse de vous le faire parvenir par courriel (veuillez préciser le format désiré pour le texte)
Je serais heureuse de vous lire! Vous pouvez me faire suivre votre texte, idéalement en format Word, par courriel à l’adresse suivante: projet.aqdrhr@live.ca. Je vous en donne des nouvelles! Au plaisir!
Bonjour,
J’ai mes deux parents, dont maman est autonome (82 ans et papa 83 ans qui a subi 2 opérations (AVC) dans la même semaine.) Nous n’avions pas le choix parce que papa aurait été dans un état végétatif. Il a été hospitalisé pendant plusieurs mois. Est-ce que vous savez quel enfer nous avons vécu (les enfants). C’est un couple que ça fait 66 ans qu’ils sont ensemble parce que maman n’a jamais manqué une journée sans aller en prendre soin.
Finalement, Papa a été transféré dans un centre où il était très bien soigné mais maman était très angoissée de voir que c’était beaucoup trop loin de chez elle et avec l’hiver qui s’en vient, c’était un cauchemar. Nous avons réussi à le transférer au Centre Mgr Coderre à Longueuil tout près de chez elle. Après 2 jours, le cauchemar commence.
Maman est là à tous les jours mais mon frère et moi, on se présente à des heures différentes où ils ne nous attendent pas. Pas de personnel dans le couloir. Papa a besoin d’aller sur une chaise d’aisance avec l’aide de quelqu’un. On nous a dit: moi je m’occupe pas de votre père, celle qui s’occupe de lui n’est pas là . Mon frère lui a demandé s’il pouvait parler au directeur, elle répond il n’y en a pas. Sentant une pression, elle a décidé d’amener papa sur la chaise d’aisance, elle s’est senti obligée. Si nous n’avions pas été là , il aurait fait ses besoins dans le lit. Je crois qu’en ce moment, ils se sentent surveiller de très près par nous, ça doit les déranger. Après, je me suis présentée à l’heure du dîner et comme dessert il a une salade de fruit, ce qui est correct, parce qu’il fait du cholestérol et du diabète, mais il a avec ça un pouding au chômeur. Une diététicienne qui est sur les lieux me dit: il n’a pas le droit de manger ça, c’est beaucoup trop sucré pour lui et surtout que ce matin-là son taux était à 15, ce qui est énorme.
Sur l’étage de papa, il y a des personnes qui ont une maladie mentale et qui se présente dans sa chambre et personne n’est là pour les sortir, nous avons peur pour sa sécurité parce que papa est presque non-voyant et ne marche pas. Je tiens à vous dire que le transfert de papa se fera sous peu au centre où il était. J’ai une grande tristesse pour tous ces gens qui ne sont pas visités et qui ont peur de parler. Nous en avons rencontrés deux. Un qui a transféré sa femme et un autre qui n’a pas voulu nous dire mais on pouvait lire dans son regard qu’il avait probablement peur de parler. Il faut que ce centre soit surveillé de très près. Vous savez, les apparences sont trompeuses. Peu de personnel pour un nombre de 60 résidents. Écoutez, j’aurais tant d’autres choses à dire. Un jour, moi aussi je serai vieille et je ne veux pas connaître ça, j’aimerais mieux mourir.
J’ai passé une entrevue il n’y pas si longtemps dans une résidence de St-Hubert. Toute heureuse j’ai eu l’emploi, mais après seulement quelque jours, j’ai dû cesser parce ce qu’il me demandait d’être une infirmière et moi j’ai été engagée comme préposée. Quand je me suis rendu compte que même les personnes de l’entretien ménagé donnait la médication (il y avait des narcotiques dans les médicaments à donner) là je me suis dit que ça n’avait aucun bon sens. J’espère que toute les résidences sont différentes de celle-là .