Est-il bon de nourrir un animal sauvage?
Voilà une question à laquelle il n’est pas facile de répondre. Chacun a sa propre opinion sur le sujet et chaque argument en faveur ou en opposition à cette action peut se défendre. Il existe des situations où il est préférable de ne pas nourrir une bête sauvage alors que dans d’autres circonstances, cette action n’a que peu de répercussions négatives, tant chez la personne qui décide de nourrir un animal que chez la bête qui accepte la nourriture.
Lorsque vous êtes sur un territoire public, vérifiez la réglementation en vigueur afin de vous y conformer. Dans les parcs nationaux du Québec, il est strictement interdit de nourrir un animal sauvage. Deux raisons motivent cette directive: protéger les animaux et vous protéger. Il est sain qu’un animal sauvage garde ses distances face à l’homme.
La vraie question à se poser devrait être: est-il nécessaire de nourrir un animal sauvage? À cela, la réponse est bien simple et c’est non! Les animaux qui sont issus du milieu naturel n’ont absolument pas besoin que l’être humain leur donne à manger. Les ressources alimentaires en milieu naturel ont de quoi subvenir aux besoins nutritifs des animaux qui y vivent.
Bien sûr qu’il y a des années où certaines espèces ont un peu plus de difficulté à bien s’alimenter, mais cela fait partie d’un cycle naturel auquel tous les êtres vivants sur cette planète doivent un jour ou l’autre être confrontés. Les plus forts et résistants vont survivre, alors que les moins bien adaptés et les faibles vont disparaître. Il est donc totalement faux de prétendre qu’un animal régulièrement nourri par les humains ne sera plus capable de trouver sa nourriture en milieu naturel.
C’est faux
Une autre affirmation qui est tout aussi fausse, c’est de prétendre que l’on va retarder ou perturber la migration des oiseaux s’ils sont nourris artificiellement! Ce qui est cependant vrai, c’est qu’en nourrissant un animal sauvage, vous lui enlevez sa peur instinctive de l’homme et c’est là que les ennuis commencent. Ils n’hésiteront pas à s’introduire dans les tentes et autres habitations, tentant d’ouvrir les glacières pleines de victuailles ou fouillant sans notre consentement dans nos sacs à dos. Certains prédateurs comme le renard roux, le raton laveur et même le loup gris ne se gênent plus pour venir embêter les gens sur les sites de camping. Et que dire des ours noirs? Voilà des bêtes qui doivent faire réfléchir.
Sang chaud
Ce sont presqu’exclusivement les mammifères et les oiseaux qui bénéficient des bontés de l’être humain quand vient le temps de nourrir un animal sauvage. Vous ne verrez personne nourrir un insecte, une couleuvre, ou une grenouille en milieu naturel. Par contre, il est parfois assez surprenant d’observer certaines espèces de poissons ou de tortues indigènes qui n’hésitent pas à sauter sur de la nourriture lancée dans l’eau d’un lac ou d’un étang.
Le côté négatif d’un tel comportement, c’est que ces animaux peuvent être plus facilement capturés par des braconniers. Mettre des mangeoires d’oiseaux est certainement moins répréhensible que de les nourrir dans nos mains, car les oiseaux ne font pas nécessairement le lien entre les graines dans les mangeoires et les humains qui habitent à proximité.
De plus, cette pratique permet de faire de très intéressantes observations sans avoir à quitter le confort de son foyer. Observer un écureuil gris cacher sa nourriture dans le sol ou observer un tamia rayé se remplir les abajoues d’arachides ou de graines de tournesol est aussi une façon pédagogique de faire découvrir ces petites bêtes, mais faites attention à vos doigts! Pour ce qui est des oiseaux comme les goélands (pollution des plages et des terres agricoles), les corneilles (ouvrent les sacs à déchets) ou les canards colverts (criards et pollution des plans d’eau), mieux vaut ne pas les nourrir si vous ne voulez pas être envahis par ces volatiles affamés…c’est vraiment très dérangeant. Laissez la nature s’en charger!
Observation d’oiseaux
Pour en apprendre davantage sur les oiseaux de proie et avoir réponse à vos nombreuses questions, le parc national du mont Saint-Bruno organise trois fins de semaine consacrées spécifiquement à l’observation de ces magnifiques oiseaux, soit les 4, 5, 6, 11, 12, 18 et 19 septembre prochain, de 10 à 16 heures. Plusieurs spécimens naturalisés de rapaces nocturnes (chouettes, hiboux et nyctales) et diurnes (faucons, buses, balbuzards) seront en montre, en plus de bénéficier de l’expérience de garde-parcs naturalistes qui vous aideront à identifier les oiseaux en vol qui seront observés tout au long de ces journées. Voilà une façon agréable de se familiariser avec ces étonnants prédateurs. Seule la tarification d’accès au parc est exigée. N’oubliez pas vos jumelles!
Si vous avez besoin d’informations supplémentaires ou si vous avez des idées de sujets à traiter dans cette chronique, n’hésitez pas à me contacter au 450 653-0343 ou par courriel au henri.denis@sepaq.com
























Bonjour M. Henri,
Si nourrir dans les parc nationaux est interdit, est-ce un geste répréhensible?
J’ai reçu cette vidéo d’un Québécois qui nourrit près d’une dizaine d’ours noirs…et pas nécessairement avec la bonne nourriture… qui me semblait une pratique douteuse.
http://www.youtube.com/user/bearnats
http://www.youtube.com/watch?v=1ONRbj8GKJ4