Le triste départ de Katrina
Mon article de la dernière édition est arrivé de façon prémonitoire dans ma vie. Quelques jours avant sa parution, et donc quelques jours après sa rédaction, j’ai une de mes chattes qui a été atteinte d’un virus d’une façon foudroyante. Avant même qu’on puisse recevoir les résultats des tests de sang et commencer un traitement spécifique, elle s’en allait.
Dans la nuit de lundi, j’étais seule avec elle à prodiguer les soins intensifs lorsque le pire arriva: le début de la fin. Et je n’ai pas réussi à l’euthanasier, non pas par manque de temps, mais par manque de volonté. Tout a été trop vite et je n’arrivais pas à me faire à l’idée qu’elle m’échappait. J’allais rester jusqu’au petit matin à la clinique et on allait se battre. Elle n’avait pas encore trois ans.
Bon, je trouve que de vous entretenir sur les cyanobactéries maintenant, les fameuses algues bleues, ça ne m’inspire plus vraiment. Il y une vingtaine d’années, j’ai reçu de ma sœur et son copain de l’époque un recueil de poésie sur les chats dans lequel on retrouve une bonne quantité de textes de Colette, Prosper Mérimée, Charles Baudelaire, pour ne nommer qu’eux, et de belles photos noir et blanc, du genre vieux matou dans un décor européen et jeunes chatons au jardin. Superbe. Mais rien qui ne correspond au petit hommage que je souhaite faire à Katrina aujourd’hui. Je n’ai pas la plume d’une artiste. J’ai donc fait appel au reste de ma famille qui est aussi en peine. Voici ce qu’ils avaient à dire.
Témoignages
«Je t’aime et je te donne un bisou et un poisson arc-en-ciel en toutou parce que ce sont les plus beaux». Anne, 4 ans, qui était au désespoir de voir autant de terre par-dessus un si petit corps. «Mais papa, elle ne pourra jamais sortir de là », d’ajouter cette dernière.
«Katrina, je t’aime de tout mon cœur. Dès que je t’ai vue, je t’ai tout de suite aimée. Depuis que tu es morte, mon cœur est brisé. Je trouve que tu me tenais bien compagnie.» Alexandre, 7 ans, qui m’a fait la dictée.
«Chère Katrina que j’ai bien aimée, tu es maintenant décédée. Je t’ai beaucoup aimée, même si à table tu n’étais pas la plus polie des chattes. Je te trouvais très jolie quand tu étais couchée en petite boule de poil. Je t’ai tellement aimée que je donnerais tout pour te réanimer.» Philippe, 9 ans.
«C’était par une douce soirée d’été
Au ciel tout étoilé
Le vent a soudain tourné
Une petite vie s’est échappée
Fauve au regard lumineux
Perçant la vie de ses grands yeux
Elle rendait les enfants heureux
Dans leurs bras chaleureux.
Une petite vie s’est échappée
Un grand vide soudain creusé
Des bras vides, attristés.
Le regard au ciel tout étoilé.»
André, le mari et papa, ma moitié qui sait mettre en mots ce que je pense.
Voilà , c’est dit. Elle repose sous le gros érable de la maison. Je reviendrai la semaine prochaine avec les fleurs d’eau, l’efflorescence et les cyanotoxines. Merci de votre compréhension.
Vous pouvez rejoindre mon équipe de la Clinique vétérinaire Mont-Saint-Grégoire et moi-même par téléphone au 450 347-7070.
























