Hamada NILS PETTER MOLVAER
Hamada
NILS PETTER MOLVAER
Performance: 7 1/2 sur 10
Décidément, la Norvège se démarque par la qualité de ses artistes de jazz. La semaine dernière, nous vous parlions de Jaga Jazzist, un groupe de talent dont nous attendons patiemment la visite à Montréal. Cette semaine, place à Nils Petter Molvaer, un trompettiste qui suscite de plus en plus d’intérêt à son endroit à travers le monde.
Celui qui franchira bientôt la cinquantaine s’investit à fond dans la création d’atmosphères planantes et tortueuses. Le rythme est lent, très très lent. À l’aide d’une trompette et d’une sourdine, ce qui n’est pas sans nous rappeler un certain Miles Davis, ce compositeur de talent tisse finement une toile sonore qui lui sert d’inspiration. On se croirait dans une maison hantée où un musicien fou s’amuse à mélanger le jazz au rock et à l’électro. C’est à la fois bizarre et intrigant.
Alors qu’on ne s’y s’attend pas, Nils Petter Molvaer donne ordre à ses musiciens de s’éclater, le pied au plancher. Ça nous vaut des moments de grande intensité qui ne sont pas sans étonner. Comme contrastes, on pourrait difficilement faire mieux. C’est comme si Miles Davis avait fait appel à Frank Zappa ou à Metallica, le temps de quelques moments d’égarement qui sont toutefois de trop courte durée. Ça surprend.
Après avoir retrouvé tous ses esprits, Nils Petter Molvaer nous replonge dans cette musique atmosphérique qui relève parfois du grand art. C’est ce qu’on pourrait appeler de la musique raffinée. Il n’est d’ailleurs pas étonnant d’apprendre que bien des cinéastes font appel à ses services. Ce gars-là sait comment s’y prendre pour susciter des émotions.
Bien évidemment, cet album ne s’adresse pas aux fans de Pier Béland! Ça requiert une certaine ouverture d’esprit et un certain bagage musical. Si c’est votre cas, voilà certes un autre artiste que vous auriez intérêt à découvrir.























