De quoi Burger est-il mort?
Monsieur le directeur,
Voilà qui fera taire ceux qui disaient qu’il ne se lavait jamais… Jacques Berger est mort dans son bain.
Je viens enfin de recevoir le rapport d’autopsie. Jacques est mort le 10 octobre 2008. J’ai reçu ce document le 27 mai 2010. Je m’étais promis de récrire une lettre au journal lorsque je le recevrais. Je ne pensais pas devoir attendre un an et sept mois pour ce faire…
Ceci dit, ce rapport stipule que Jacques n’était pas intoxiqué au moment de sa mort, ni par l’alcool ni par la drogue. J’y ai cependant appris une chose que je ne savais pas: mon frère était atteint d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Il avait d’ailleurs dû être hospitalisé quelques mois avant son décès pour de sévères complications.
En termes simples, il faisait une bronchite chronique et de l’emphysème. Pour en apprendre davantage, googlez MPOC. Sa maladie avait été causée par la fumée de tabac et, bien sûr, de cannabis.
Par conséquent, ainsi que me l’avait d’ailleurs dit le coroner Dandavino quand je lui avais parlé deux jours après la mort de Jacques, il a vraisemblablement eu un malaise et s’est affaissé dans son bain. Il se préparait à y entrer. Il avait les jambes hors du bain et la tête immergée. C’est parce qu’il était inconscient qu’il a progressivement aspiré de l’eau et s’est noyé. En fait, l’eau coulait et le bain, sans bouchon, était rempli aux deux tiers – il est clair que le drain était partiellement obstrué, puisque l’eau coulait depuis la veille. (C’est d’ailleurs ce qui a alarmé les voisins, car il lui était arrivé en juin 2008 de s’endormir dans son bain, muni du bouchon, causant une inondation.) La porte de son logis était verrouillée. On a dû entrer par la fenêtre.
Comme Jacques marchait beaucoup chaque jour, c’est évident que considérant sa MPOC, il se fatiguait énormément. Je suppose que la vapeur du bain devait l’aider à dégager ses bronches. Il s’agit là d’une pure présomption de ma part, mais on dit que les poumons des personnes vivant avec une MPOC produisent une grande quantité de mucus. C’est d’ailleurs ce qui cause l’obstruction. Donc beaucoup de toux, beaucoup de crachats. Et beaucoup d’inconfort, voire de souffrance. Disons que maintenant, il respire mieux…
Alors voilà pour tous ceux qui pensent encore à lui. Maintenant, comme moi, vous savez. La conclusion de «mort violente par noyade» m’a bouleversée, mais à bien y penser c’est la plus belle chose qui pouvait lui arriver. Je frissonne rien que d’imaginer Jacques dans un centre de soins prolongés, équipé d’un masque et d’une bombonne d’oxygène.
Il n’a jamais voulu vivre autrement que libre, refusant la médication et le cloisonnement institutionnel. Il avait sa piaule. Sale et encombrée de cochonneries ramassées un peu partout, mais c’était chez lui. Il est mort chez lui. Libre. Quelle plus belle mort peut-on souhaiter à quiconque? Et je me rappelle que le concierge de son immeuble, un homme bon qui était son ami et qui l’a officiellement identifié pour son constat de décès, m’a dit «qu’il avait la plus belle façon qu’il lui avait jamais vue».
Une belle façon d’aller rejoindre Maman Jeannine et Papa Adélard, du décès duquel on fêtera d’ailleurs le 19 octobre prochain le trentième anniversaire. Le père et le fils, résolument différents, mais on n’oubliera jamais ni l’un ni l’autre.
Sylvie Berger,
Saint-Jean-sur-Richelieu
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Bonjour Sylvie,
je viens de te lire… je suis ému.
Je suis dans la quarantaine et j’ai fréquenté le centre-ville pas mal longtemps. Jacques »Burger’ ‘y était très souvent. Jeunes ados, on trouvait ça drôle de le voir danser le ballet (fort artistique, avec du recul!). Lorsque mes parents m’ont appris qu’il était le frère d’une amie de la famille, je trouvais ça moins drôle. J’ai grandis comme homme. Je l’ai croisé plus d’une fois, prenant souvent quelques minutes pour lui dire bonjour, lui filer une couple de cigarettes. Une fois je lui ai fait un lift, je ne me souviens plus où mais ce n’est pas important. Le plus important, c’est que Burger était humain, gentil et libre. Il était un personnage dans le centre-ville qui est bien drabe depuis son départ. Malgré le mal qui le rongeait, Jacques restait un gars intéressant. Les gens devraient commencer par comprendre et apprendre avant de lever le nez sur quelqu’un.
Bien a vous !
Frederic Lapalme, Saint-Jean-sur-Richelieu
Je félicite mon fils Me Stéphane Guinta qui a très bien décrit l’administration municipale. Je viens tout juste de quitter la Ville de Candiac pour m’établir en bordure du Golf Les Légendes. Depuis mon arrivée, j’ai logé une dizaine de plaintes concernant un signalisation routière dangereuse et désuette sur la rue des Fortifications. Plainte au Maire, au service de police, visite des policiers à mon domicile, plainte au service des plaintes et voilà , on tourne en rond et tout va très bien madame la Marquise. Je n’aiderai pas ma situation en tant que président de mon entreprise de gestion RH mais je tenais à vous faire part de mes observations.