Manuelle Légaré à la tête des enquêtes de Deuxième chance


Publié le 14 janvier 2017

©Photo Gracieuseté

Retrouver un homme rencontré une seule fois en pays étranger il y a 33 ans, la veuve d'un donneur d'organe anonyme ou encore la victime d'un kidnapping il y a 25 ans semble impossible. Pas pour Manuelle Légaré et son équipe de recherchistes qui a produit le contenu de la nouvelle émission Deuxième chance de Radio-Canada.

Ce soir, le 14 janvier à 20h, on nous dévoilera l'adaptation québécoise du concept britannique intitulé The Gift. Animée par Patrick Lagacé et Marina Orsini, la série de documentaires dressera le portrait des recherches effectuées pour retrouver une personne qui a marqué la vie d'une autre, de façon positive ou négative.
«La première histoire est celle d'un homme qui a kidnappé un adolescent de 13 ans il y a de nombreuses années, explique la productrice au contenu pour Zone 3 et A Média, Manuelle Légaré. Il veut revoir sa victime et sa famille pour s'excuser.»
De nombreuses situations seront évoquées durant les dix épisodes d'une heure qui raconteront deux enquêtes soutenues par chacun des animateurs.

Quête
Manuelle Légaré était donc à la recherche d'une vingtaine de demandeurs souhaitant retrouver une personne. Pour nourrir la première saison, qui a déjà été renouvelée avant sa première diffusion, elle est allée puiser parmi ses connaissances.
«Je me suis inspirée au départ d'histoires de remerciements évidentes, comme les Québécois présents durant le tremblement de terre en Haïti et le tsunami en Asie du Sud-Est en 2004, explique la Johannaise. Je voulais des histoires qui ont une portée universelle et non simplement anecdotique.»
L'opportunité a rapidement trouvé écoute auprès du public et la productrice au contenu a cumulé pas moins de 250 demandes.
«J'ai dû choisir les enquêtes selon des critères de diversité dans les âges, les sexes et les pays. On a voyagé pour retrouver les personnes et je voulais que les destinations soient différentes», raconte celle qui a dû annuler et reprendre une dizaine de recherches puisque les personnes ayant été retracées ne souhaitaient pas passer à la télévision.

Ce n'est pas de la téléréalité. On a plus souvent arrêté les caméras, car les gens étaient trop émotifs. Lorsqu'on disait stop, ils pleuraient, certains criaient. J'ai rarement vu un plateau aussi silencieux. Les caméras ont été très respectueuses. Manuelle Légaré

Recherches
D'avril à octobre 2016, celle qui était à la tête de la recherche de la défunte émission Qui es-tu? s'est creusé les méninges à la manière d'un enquêteur. Aidée d'une équipe de recherchistes de Radio-Canada, la lauréate du Gémeaux de la meilleure recherche documentaire en 2016 a tout mis en œuvre pour retrouver la trace de gens partout dans le monde.
«Chaque histoire s'est déroulée sur plusieurs semaines, dit-elle, ajoutant que le contenu de l'émission fait une grande place aux démarches de son équipe. Je ne compte plus les lettres que j'ai envoyées à l'étranger et les fausses pistes. Chaque réponse négative ouvrait la porte à une autre avenue.»

Évidemment, une telle tâche ne se met pas sur pause à 17 heures pour reprendre le lendemain matin. Manuelle Légaré s'est impliquée corps et âme dans les recherches de gens qui avaient une grande signification pour ceux qui lui avaient demandé de les retrouver.
«Ce sont toutes des histoires prenantes. J'ai même juré sur ma tête à des participants que je retrouverais ces personnes», poursuit-elle ajoutant que certaines recherches ne se sont pas terminées comme elle le souhaitait.

Participants d'ici
Deux participants du Haut-Richelieu ont eu la chance de bénéficier de l'équipe de recherche de Manuelle Légaré pour retracer une personne importante dans leur vie. Jacques Charette a croisé les doigts pour retrouver un homme qui l'avait pris sur le pouce en 1973 en Angleterre et qui avait changé sa vision de la vie.
«Il avait fait découvrir Liverpool à Jacques [Charette] et son ami alors qu'il était en voyage. C'est lui qui lui a montré l'importance de se tourner vers les autres. Il avait déjà essayé de le retrouver, mais n'avait pas réussi. Selon mes calculs, il aurait 70 ans aujourd'hui.»
Sans vouloir dévoiler la conclusion des recherches des participants, la productrice au contenu souligne que Julie Bisaillon de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix a aussi participé à l'émission. «Elle voulait retracer le veuf ou la veuve du donneur d'organe qui lui a permis de bénéficier d'un nouveau poumon», indique-t-elle.
La nouvelle émission sera certainement très émotive. Manuelle Légaré insiste toutefois pour rassurer les téléspectateurs sur le grand respect de l'équipe vis-à-vis les situations délicates découlant des retrouvailles.