Une belle fin de saison pour les producteurs de maïs

Les producteurs ont pu compter sur des conditions exceptionnelles pour récolter leur maïs-grain. En plus d'épargner sur le séchage des grains, ils pourront obtenir de bons prix.
La récolte de maïs-grain est à toute fin pratique terminée dans la région. Si tous anticipaient une fin de saison difficile, pour ne pas dire pénible, le temps exceptionnellement beau et chaud qui a prévalu au cours des deux derniers mois aura permis à bon nombre de maïsiculteurs de retrouver le sourire.
«Bien honnêtement, je ne me souviens pas d’avoir connu des conditions aussi favorables pour les récoltes. Mon père non plus. Non seulement a-t-on pu faire nos travaux sans problème, mais le maïs, même s’il a été semé tard cette année (en juin dans la plupart des cas), a pu atteindre sa pleine maturité. On ne peut que s’en réjouir», rapporte Justin Bessette, un jeune producteur de Saint-Jean-sur-Richelieu dont le père, Réjean, est bien connu dans le milieu agricole.
Ce qui est d’autant plus réjouissant, c’est le fait que bon nombre de producteurs ont pu sauver énormément d’argent en frais de séchage. Dans le cas de M. Bessette, le maïs-grain a pu être récolté avec un taux d’humidité variant entre 15 et 18 degrés, ce qui est extrêmement bas.
«Les rendements étaient dans la moyenne (environ huit tonnes et demie à l’hectare), mais les prix sont si bons dans le moment présent (258$ la tonne métrique) qu’on ne va pas se plaindre. L’année avait bien mal commencé, mais force est d’admettre qu’elle se termine de belle façon», de souligner celui qui occupe un poste de conseiller à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu.
Très variable
Jacinthe Larochelle, directrice régionale pour le bureau de La Financière agricole du Québec de Saint-Jean-sur-Richelieu, endosse les propos de Justin Bessette, mais apporte quelques nuances.
«Avec tout ce que nous avons connu (fortes précipitations, inondations, sécheresse), c’est vrai que les producteurs de maïs-grain s’en tirent plutôt bien dans l’ensemble. Les entreprises situées près des lignes américaines semblent toutefois avoir été plus affectées par le mauvais temps. Les pertes varient entre 5 et 30% par rapport à une récolte normale. Disons que c’est très variable d’une région à une autre. Il y a des producteurs qui ont obtenu des rendements exceptionnels», note Mme Larochelle.
Pour le soya, les rendements ne sont ni bons, ni vraiment mauvais. Certains ont récolté une tonne à l’arpent, d’autres un peu plus ou un peu moins. Par rapport à une année normale, les pertes varient entre 0 et 20%.
Maraîchers
Lorsque viendra l’heure des bilans, on dira que ce sont les producteurs maraîchers qui ont été les plus éprouvés cette année. Les pertes sont importantes. Certains vont même jusqu’à dire qu’ils n’ont jamais connu une saison aussi difficile.
«C’est effectivement le cas, confirme la porte-parole du bureau régional de La Financière agricole. Au moment où je vous parle, on prévoit verser des indemnités de 6,5 M$ aux maraîchers qui sont assurés. Ce chiffre devrait grimper encore un peu plus. Plusieurs ont été affectés par l’ouragan Irène, des pluies abondantes en début de saison, la sécheresse ou la grêle. C’est la pire année depuis 2003», de conclure Jacinthe Larochelle.




