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Sinistrés des inondations: les députés pressent le ministre Dutil d’agir sans tarder

Le ministre Robert Dutil entouré des députés Dave Turcotte et Stéphane Billette, en avril dernier. (Photo: Stéphanie Brûlé)

À l’approche de l’hiver, les députés Marie Bouillé et Dave Turcotte pressent le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, de régler rapidement les dossiers des sinistrés des inondations printanières.

Les députés ont profité d’une «interpellation» du ministre à l’Assemblée nationale, vendredi dernier. L’exercice se passe en Chambre en présence de quelques députés. D’une part, les deux députés de l’Opposition et d’autre part, le ministre et le député libéral du comté de Huntingdon, Stéphane Billette, dont le territoire s’étend jusqu’à Saint-Paul-de-l’ÃŽle-aux-Noix.

Pendant deux heures, ils ont questionné M. Dutil sur le dossier des inondations. Ce dernier, épaulé par Stéphane Billette, leur a donné la réplique. Un exercice rigoureusement encadré avec un temps de parole équilibré de part et d’autre. Mais un exercice qui tient aussi de la joute parlementaire. Il n’y pas vraiment d’échange ni de débat. Les uns posent des questions et font leurs commentaires. Les autres répondent de façon plus ou moins précise, selon le sujet. Le député Billette s’est souvent appliqué à tuer le temps.

À peu près tous les éléments du dossier des inondations ont été abordés, mais il a été principalement question du processus d’indemnisation des sinistrés. Pour qui suit le dossier, cette séance n’a pas apporté beaucoup de neuf. La très grande majorité des dossiers de sinistrés sont réglés à leur satisfaction. Le Gouvernement s’attend à débourser plus de 80 millions pour ce sinistre, qui, a-t-il insisté, n’a pas causé de décès.

Dossiers complexes
Mais il reste encore quelques centaines de dossiers à régler. Il s’agit des plus complexes et des plus coûteux. Les députés ont cité des cas précis, nommant des citoyens aux prises avec une machine kafkaïenne. Le problème semble rester entier. Les citoyens n’arrivent pas à obtenir des réponses à leurs questions. On leur demande constamment de nouvelles démarches, de nouveaux documents. Les réponses qu’ils obtiennent varient d’une personne à l’autre. Dans certains cas, des évaluateurs ont eux-mêmes avoué ne pas avoir la compétence pour juger la situation.

En outre, plusieurs n’ont pas les moyens d’avancer les fonds pour des expertises techniques ou pour payer les entrepreneurs. D’ailleurs, le ministère continue de leur demander deux soumissions pour des travaux alors qu’ils ont de la difficulté à en obtenir une. Les entrepreneurs sont déjà occupés et ne veulent plus prendre de contrats avec des dossiers irréalistes. M. Turcotte estime qu’il serait pertinent de tenir une séance d’information publique à l’intention des sinistrés qui n’ont pas réglé leur dossier.

M. Dutil rappelle qu’il s’agit d’un sinistre d’une ampleur et d’une durée que le Québec n’a jamais connu. Il a fallu rapidement former du personnel pour faire face à la situation. Il estime cependant que l’équipe d’accompagnateurs formée récemment aide les sinistrés à cheminer. Actuellement, seulement une quarantaine de personnes se sont prévalues de ce service. Le ministre rappelle qu’il a demandé d’accélérer les paiements et de décaisser jusqu’à 100% des dommages admissibles.

Résidences secondaires
Par ailleurs, Mme Bouillé et M. Turcotte ont insisté sur le cas des résidences secondaires. Le programme ne couvre pas ces catégories de biens. Pour les petites municipalités, l’impact fiscal et économique est significatif. Le ministre s’est montré inflexible à ce sujet. Il s’agit d’un critère du programme qui, a-t-il rappelé, est partagé avec le gouvernement fédéral. Les mêmes normes s’appliquent à l’ensemble du pays.

Peut-être faut-il le modifier, soulève M. Dutil, mais pour l’heure, il ne prévoit pas de mesures pour les résidences secondaires. Tout au plus, le ministre a montré une ouverture pour des citoyens qui se trouvaient dans un processus de transaction immobilière au moment où les inondations sont survenues. Enfin, il demande aux députés de l’Opposition de reconnaître à tout le moins les gestes importants qui ont été posés depuis le début de la crise, en avril.

M. Turcotte le reconnaît. Il indique qu’il a félicité le gouvernement à maintes occasions pour ses interventions, mais la réalité est qu’il y a encore des sinistrées vivant à l’hôtel et dans des roulottes à l’approche de l’hiver. Dans quelques semaines, il ne sera plus possible de réparer les fondations à moins de payer beaucoup plus cher pour le travail dans des conditions de gel.

Pour sa part, il formule trois recommandations susceptibles d’accélérer les choses. Le ministère doit constituer une équipe de professionnels dédiés à la réparation et à la reconstruction des résidences endommagées. Il lui faut établir et diffuser une procédure claire pour le cheminement des dossiers. Enfin, il doit mettre en place une ligne d’urgence, une sorte de guichet unique pour répondre aux sinistrés. Les députés sont sûrs que l’interpellation du ministre donnera des résultats.


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