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Les nématodes aiment se gaver de certains insectes

Guy Bélair est nématologiste au centre de recherche d'Agriculture Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu. Les nématodes constituent pour lui un moyen de lutte biologique efficace contre des insectes indésirables. (Photo Rémy Boily)

Il n’y a sans doute pas personne qui connaisse mieux les nématodes que Guy Bélair, chercheur au Centre de recherche et de développement en horticulture d’Agriculture Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu depuis 33 ans. Il faut préciser qu’il est nématologiste, ce qui en fait un expert du comportement de ces minuscules bestioles qui habitent nos sols et qui nous aident à lutter contre certains insectes nuisibles de nos jardins, pelouses et cultures maraîchères. À commencer par ces détestables vers blancs (larves du hanneton) qui font des ravages en milieu urbain.

Dans le cadre des 24 heures de sciences, un événement dont la 6e édition avait lieu les 6 et 7 mai derniers, M. Bélair nous avait donné rendez-vous à son bureau de la station de recherche de la rue Lajeunesse, près du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu, pour nous entretenir sur ces minuscules organismes qui sont d’une grande utilité dans la lutte biologique aux insectes indésirables.

Il sait tout sur les minuscules nématodes qui vivent dans la nature et dont la taille fait à peine un demi-millimètre. Minuscules, certes, mais très efficaces en raison de la bactérie qu’ils portent en eux et qui se veut une arme redoutable lorsqu’ils se retrouvent en présence d’un insecte qui ferait mieux ne pas se trouver sur leur passage.

«Un peu comme pour certains serpents, le nématode crache la bactérie sur un insecte et le tue. Il ne survit pas s’il n’a pas la bactérie en lui. Il s’alimente donc en tuant des insectes», explique Guy Bélair d’une façon simple et imagée.

Partout dans le monde
En Europe et aux États-Unis, mais aussi un peu partout dans le monde, les nématodes sont à l’oeuvre pour exterminer les insectes qui s’attaquent aux récoltes de fruits et légumes, de même qu’à la verdure des gazons. Cette lutte biologique est de plus en plus répandue en raison de l’intérêt grandissant que l’on porte à l’environnement, mais aussi parce que certains pesticides ne sont plus commercialisés. C’est notamment le cas pour la lutte aux verres blancs.

«Pour la lutte aux vers blancs, on peut maintenant acheter des nématodes au centre de jardinage, note le chercheur d’Agriculture Canada. Après la tomate de serre, où les nématodes sont très efficaces pour exterminer les mouches du terreau (sciarides), c’est sans doute l’utilisation la plus populaire dans le moment. Il n’y a pratiquement rien d’autre sur le marché.»

Reste que l’utilisation des nématodes contre les vers blancs n’est pas efficace à 100%. Ça implique des conditions idéales, plus particulièrement en août, pour obtenir de bons résultats. Vaut d’ailleurs mieux s’informer sur certaines règles à respecter avant de procéder à un traitement.

Conservation
Aussi bien vous dire que des nématodes, on en produit maintenant en grande quantité à un coût de plus en plus raisonnable. Au fur et à mesure que des chercheurs comme Guy Bélair leur trouvent de nouveaux insectes à dévorer, le marché se développe. Ce sera prochainement le cas pour le scarabée de la vigne, dont les dommages sont de plus en plus importants.

Des recherches sont menées aussi pour accroître leur conservation et leur efficacité. Par l’entremise de la biotechnologie, on pourra aussi un jour faire en sorte que la bactérie des nématodes puisse exterminer des insectes qui leur offrent une assez bonne résistance pour le moment. Bref, on entendra beaucoup parler des nématodes dans les années à venir comme moyen de lutte biologique efficace dans nos jardins, nos pelouses et nos terres maraîchères.

«Il y a eu beaucoup de progrès importants depuis que je m’intéresse aux nématodes. Il y en aura d’autres. On essaie de trouver de nouvelles applications possibles. C’est très prometteur», de conclure Guy Bélair.