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Homicide involontaire: les parents de la victime et de l’accusé témoignent

Les parents de la victime, un jeune homme décédé après avoir reçu une bouteille de bière par la tête, et la mère du jeune accusé ont livré des témoignages très émouvants devant la Chambre de la jeunesse, le 23 juin.

Le juge Mario Gervais de la Cour du Québec doit décider de la peine à imposer à un jeune homme qu’il a déclaré coupable d’homicide involontaire, au terme d’un procès tenu en novembre dernier. Il rendra sa décision le 13 octobre.

Le village d’Hemmingford avait été le théâtre d’un drame, dans la soirée du 21 août 2008. Un groupe de jeunes se tenait dans les estrades de la cour d’école. Ils buvaient de la bière et fumaient de la marihuana. À un moment donné, la victime d’âge mineur avait voulu quitter les lieux. L’accusé qui avait alors 17 ans insistait pour qu’il reste.

Selon la preuve retenue par le tribunal, l’accusé aurait alors dit à la victime si elle quittait les lieux, il lui lançait une bouteille. La victime a pris son vélo. L’accusé a saisi une bouteille vide et l’a lancée en sa direction. L’adolescent a été atteint au cou et il s’est effondré. Il est décédé par la suite.

Drame
La mort du jeune homme est un drame tant pour sa famille que pour celle de l’accusé. Le père du jeune homme décédé a décrit le malaise qui existe dans la petite communauté.

Il a présenté des photos de son enfant au juge pour qu’il puisse mettre une figure sur le jeune homme dont il a été question durant toutes les procédures judiciaires.

Il trouve très triste ce qui est arrivé aux deux jeunes hommes. Mais parlant de l’accusé, il a fait un choix ce soir-là, a dit le père, et il y a des conséquences. Les jeunes gens devraient être conscients des conséquences de ce qu’ils font, a-t-il conclu.

La mère de la victime a décrit avec beaucoup d’émotion les conséquences perturbatrices qu’ont eues les événements sur sa vie et celle de sa fille. Elle sait que l’accusé n’est pas un mauvais garçon, mais il aura toujours à vivre avec les conséquences de son geste.

La mère de l’accusé a commencé son témoignage en se retournant vers les parents de la victime et a rappelé les liens d’amitié qui existaient entre les deux garçons. Elle estime que de mettre son garçon avec des criminels n’en fera une meilleure personne. La femme a décrit son fils comme un bon travaillant, un garçon responsable.

Les seules paroles prononcées par l’accusé ont été adressées à la famille du défunt. «Je vous transmets mes sincères excuses. Je suis désolé».

Peine
En début d’audience, Me Marc Alain de la Couronne a demandé au juge, en vertu des dispositions de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, de statuer que l’infraction dont l’adolescent a été déclaré coupable est une infraction grave avec violence. Le ministère public veut que le juge prenne cet élément en considération dans l’établissement de la peine.

Le débat devant le tribunal a porté aussi sur le fait que la Couronne présente une telle demande, au stade des représentations sur la peine. Me Eddy Ménard de la défense est d’avis que cette demande est tardive et aurait dû être présentée après le prononcé du verdict de culpabilité et avant la rédaction des rapports d’évaluation. Le juge fera connaître sa décision en même que celle sur la peine.

La Couronne suggère l’imposition d’une peine variant de 24 à 30 mois, laissant au juge le soin de déterminer la portion qui devrait être purgée sous garde. Il n’existe pas de décision des tribunaux sur un cas semblable d’homicide involontaire impliquant le lancement d’une bouteille.

Me Alain de la poursuite a signalé que l’accusé, âgé aujourd’hui de 20 ans, continue à nier sa culpabilité tout comme sa famille croit toujours qu’il est innocent.

Ce n’est pas la famille qu’on juge, a répliqué Me Ménard de la défense, qui a fait valoir entre autres la stabilité dans la vie de son client, les bonnes valeurs de sa famille, le fait qu’il ne consomme plus de drogue, la fiabilité dont il a fait preuve en se conformant aux conditions imposées par le tribunal depuis le début des procédures.

Me Ménard est opposé à la recommandation de la Couronne estimant qu’elle n’est pas du tout adaptée à la situation de son client et propose plutôt une peine de six mois, dont l’application serait différée et suivie d’une probation.


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Homicide involontaire: les parents de la victime et de l’accusé témoignent

Les parents de la victime, un jeune homme décédé après avoir reçu une bouteille de bière par la tête, et la mère du jeune accusé ont livré des témoignages très émouvants devant la Chambre de la jeunesse, le 23 juin.

Le juge Mario Gervais de la Cour du Québec doit décider de la peine à imposer à un jeune homme qu’il a déclaré coupable d’homicide involontaire, au terme d’un procès tenu en novembre dernier. Il rendra sa décision le 13 octobre.

Le village d’Hemmingford avait été le théâtre d’un drame, dans la soirée du 21 août 2008. Un groupe de jeunes se tenait dans les estrades de la cour d’école. Ils buvaient de la bière et fumaient de la marihuana. À un moment donné, la victime d’âge mineur avait voulu quitter les lieux. L’accusé qui avait alors 17 ans insistait pour qu’il reste.

Selon la preuve retenue par le tribunal, l’accusé aurait alors dit à la victime si elle quittait les lieux, il lui lançait une bouteille. La victime a pris son vélo. L’accusé a saisi une bouteille vide et l’a lancée en sa direction. L’adolescent a été atteint au cou et il s’est effondré. Il est décédé par la suite.

Drame
La mort du jeune homme est un drame tant pour sa famille que pour celle de l’accusé. Le père du jeune homme décédé a décrit le malaise qui existe dans la petite communauté.

Il a présenté des photos de son enfant au juge pour qu’il puisse mettre une figure sur le jeune homme dont il a été question durant toutes les procédures judiciaires.

Il trouve très triste ce qui est arrivé aux deux jeunes hommes. Mais parlant de l’accusé, il a fait un choix ce soir-là, a dit le père, et il y a des conséquences. Les jeunes gens devraient être conscients des conséquences de ce qu’ils font, a-t-il conclu.

La mère de la victime a décrit avec beaucoup d’émotion les conséquences perturbatrices qu’ont eues les événements sur sa vie et celle de sa fille. Elle sait que l’accusé n’est pas un mauvais garçon, mais il aura toujours à vivre avec les conséquences de son geste.

La mère de l’accusé a commencé son témoignage en se retournant vers les parents de la victime et a rappelé les liens d’amitié qui existaient entre les deux garçons. Elle estime que de mettre son garçon avec des criminels n’en fera une meilleure personne. La femme a décrit son fils comme un bon travaillant, un garçon responsable.

Les seules paroles prononcées par l’accusé ont été adressées à la famille du défunt. «Je vous transmets mes sincères excuses. Je suis désolé».

Peine
En début d’audience, Me Marc Alain de la Couronne a demandé au juge, en vertu des dispositions de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, de statuer que l’infraction dont l’adolescent a été déclaré coupable est une infraction grave avec violence. Le ministère public veut que le juge prenne cet élément en considération dans l’établissement de la peine.

Le débat devant le tribunal a porté aussi sur le fait que la Couronne présente une telle demande, au stade des représentations sur la peine. Me Eddy Ménard de la défense est d’avis que cette demande est tardive et aurait dû être présentée après le prononcé du verdict de culpabilité et avant la rédaction des rapports d’évaluation. Le juge fera connaître sa décision en même que celle sur la peine.

La Couronne suggère l’imposition d’une peine variant de 24 à 30 mois, laissant au juge le soin de déterminer la portion qui devrait être purgée sous garde. Il n’existe pas de décision des tribunaux sur un cas semblable d’homicide involontaire impliquant le lancement d’une bouteille.

Me Alain de la poursuite a signalé que l’accusé, âgé aujourd’hui de 20 ans, continue à nier sa culpabilité tout comme sa famille croit toujours qu’il est innocent.

Ce n’est pas la famille qu’on juge, a répliqué Me Ménard de la défense, qui a fait valoir entre autres la stabilité dans la vie de son client, les bonnes valeurs de sa famille, le fait qu’il ne consomme plus de drogue, la fiabilité dont il a fait preuve en se conformant aux conditions imposées par le tribunal depuis le début des procédures.

Me Ménard est opposé à la recommandation de la Couronne estimant qu’elle n’est pas du tout adaptée à la situation de son client et propose plutôt une peine de six mois, dont l’application serait différée et suivie d’une probation.


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