Inondations: le grand nettoyage est commencé

Un groupe de bénévoles mormons à l’œuvre dans une rue de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix près de Lacolle samedi après-midi. (Photo Jacques Larochelle)
En tout et partout, plus de 3000 bénévoles ont afflué dans la région le week-end dernier pour participer à la Grande corvée de nettoyage dans les municipalités de Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Blaise-sur-Richelieu, Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, Sainte-Anne-de-Sabrevois et Venise-en-Québec entre autres. Il y avait également un groupe de quelque 500 bénévoles de l’église Mormons aux mains serviables. Ces derniers ont non seulement participé au nettoyage, ils ont aussi distribué pas moins de 1000 nécessaires de nettoyage.
Les bénévoles venaient de partout au Québec, et d’ailleurs aussi. En effet, des personnes sont venues de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et même d’aussi loin que Vancouver! Il y en avait de tous les âges, même des gens de 70 ans qui tenaient à mettre l’épaule à la roue. Leur efficacité a été tout à fait remarquable. L’organisme responsable de la Grande corvée, SOS Richelieu, avait tout planifié minutieusement avec les municipalités concernées et les dirigeants de la Sécurité civile. Le travail a été fait dans l’enthousiasme et la bonne humeur.

Des bénévoles venant de Montréal et de Terrebonne posent en compagnie du député de Saint-Jean, Dave Turcotte, samedi matin. (Photo Jacques Larochelle)
Il se poursuivra les 18 et 19 juin et pourrait se prolonger, selon les besoins. En effet, dans un premier temps, il s’agissait de ramasser des milliers de sacs de sable, des branches d’arbres et plein de débris. Dans un deuxième temps, il faudra enlever tous les débris des résidences et des milliers de meubles rendus inutilisables à cause de l’eau et des moisissures. Par ailleurs, du côté du rang de la Barbotte à Lacolle, le nettoyage ne pourra pas commencer avant au moins deux ou trois semaines car il y a encore trop d’eau.
On doit également souligner l’apport de personnel et d’équipement provenant de plusieurs villes comme Montréal, Longueuil, Québec, Sherbrooke, Varennes, Asbestos, etc.
Quant à l’armée, beaucoup de soldats ont quitté la région vendredi. Tous les maires et les autorités gouvernementales ont tenu à remercier chaleureusement les hommes et les femmes qui ont rendu de grands services sur le terrain.

Le premier ministre Jean Charest donne un point de presse samedi midi à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix en compagnie du maire Gérard Dutil, de la ministre du Tourisme, Nicole Ménard, et du député de Huntingdon, Stéphane Billette. (Photo Jacques Larochelle)
Jean Charest sur place
Le premier ministre Jean Charest s’est rendu pour une sixième fois dans la région depuis le début du mois de mai. Il a d’abord donné un point de presse et rencontré des bénévoles avant d’aller voir des sinistrés à Saint-Jean-sur-Richelieu, puis s’est dirigé vers Saint-Blaise et Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix. Il a chaleureusement remercié les bénévoles qui participent à cette Grande corvée, qui est du jamais vu au Québec.
Le premier ministre était accompagné du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, de la ministre du Tourisme et responsable de la Montérégie, Nicole Ménard, de la ministre des Ressources naturelles et de la Faune et vice-première ministre, Nathalie Normandeau, du député de Huntingdon, Stéphane Billette, du député de Saint-Jean, Dave Turcotte, de la députée d’Iberville, Marie Bouillé, et de la députée de Taillon, Marie Malavoy.
Devant l’ampleur des dommages aux propriétés, M. Charest a laissé entendre que le gouvernement pourrait hausser les indemnités offertes aux sinistrés. On sait que ces indemnités sont passées de 100 000 $ à 150 000 $ pour les dommages admissibles. Dans bien des cas, ce montant maximal pourrait bien être insuffisant pour couvrir les pertes. Le premier ministre a indiqué que ce sera impossible de couvrir toutes les pertes mais que son gouvernement fera le maximum pour aider le plus possible les sinistrés.

Le maire de Saint-Blaise-sur-Richelieu, Jacques Desmarais, est lui-même sinistré. Ici, dans sa maison de la 29e Avenue, dont tout l’intérieur a dû être complètement enlevé. (Photo Jacques Larochelle)
Prochaines étapes
Après le grand nettoyage, il y aura la réintégration puis la reconstruction. Mais pour que cela puisse se faire de façon sécuritaire, chaque maison sinistrée devra être inspectée, désinfectée et vidée de tout son contenu qui aura été exposé à l’eau et aux moisissures. Des maisons devront sûrement être démolies. Il y aura des décisions difficiles à prendre.
Une autre question qu’il faudra régler est celle de la construction en zone inondable. Il est évident qu’il y a plusieurs secteurs à risque élevé. Des discussions auront lieu entre le gouvernement et les autorités des municipalités concernées. Cela se fera dans les prochaines semaines. Entretemps, il reste un travail considérable à faire. Nous continuerons de suivre la situation.




