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Assèchement, nettoyage, démolition, rénovation…: Les entrepreneurs prêts pour la vague d’appels

Stéphane Diotte, un employé de Qualinet, s'affairait lundi à retirer les surfaces endommagées du sous-sol d'une résidence touchée par les inondations. (Photo Rémy Boily)

Bien qu’elle ait atteint un niveau record, la crue des eaux finira par se résorber. C’est inévitable. Un second défi attendra alors les résidents de la région dont la demeure a subi les contre-coups des inondations. Sont d’ailleurs prêts à répondre à une demande nettement plus accrue experts en nettoyage après-sinistre et autres entrepreneurs en rénovation. Ces derniers ont d’ailleurs prévu le coup en appelant des effectifs en renfort et en s’assurant que leurs tablettes soient bien garnies.

Vendredi dernier, plus d’une centaine d’appels avaient déjà été logés aux bureaux de Qualinet, entreprise spécialisée en nettoyage après-sinistre. Même constat du côté de Restauration après sinistre Les Deux Rives, compagnie affiliée à la bannière Groupe urgence sinistre (GUS). Si à ce moment la plupart des résidents étaient à la recherche de conseils pour «sauver les meubles», certains ont dès lors profité de l’occasion pour retenir les services de ces professionnels en prévision du retrait des eaux.

«Évidemment, la semaine dernière il n’y avait pas grand-chose que nous puissions faire, convient Olivier Dussault, directeur général de Qualinet Montréal. Dans certaines résidences, le niveau de l’eau est tellement haut que la préoccupation n’est plus de sauver le sous-sol mais bien le rez-de-chaussée. Nous avons alors mis en place une liste d’attente car, étant donné l’ampleur du territoire sinistré, les travaux s’échelonneront sur plusieurs semaines.»

Denis Rock nous montre le niveau qu'avait atteint l'eau au sous-sol de sa résidence de Saint-Blaise-sur-Richelieu. Se retroussant les manches, ce dernier a fait appel à l'entreprise de nettoyage après-sinistre Qualinet. (Photo Rémy Boily)

Pied d’alerte

Demeurant sur un pied d’alerte depuis le début de la crise, l’entreprise s’est assurée d’avoir à porté de main effectifs et équipements supplémentaires. Le siège social de Qualinet, à Québec, a ainsi donné le feu vert pour que 14 camions-usines empruntent l’autoroute 20 et s’ajoutent aux 14 véhicules et 350 pompes submersibles déjà en service dans le grand Montréal. Si besoin est, l’équipe pourrait également doubler du jour au lendemain, passant de 75 à 150 personnes.

Bénéficiant également d’un important réseau panquébécois, GUS a aussi fait appel à ses confrères pour être en mesure de répondre à la demande. «Nos hommes savent qu’ils feront bien des heures supplémentaires au cours du mois, s’exclame Marc Morin, copropriétaire de Restauration après sinistre Les Deux Rives. Dans ce genre de situation, le temps joue contre nous et il faut agir le plus rapidement possible dès que l’eau se retire afin de limiter la propagation de la moisissure. Mais en même temps il faut s’assurer que l’eau ne remonte pas. Personne ne veut avoir à refaire deux fois le même boulot.»

Les deux spécialistes s’entendent d’ailleurs sur l’ampleur des inondations. «Ce n’est pas la première fois qu’il y a des dégâts d’eau ou des refoulements d’égouts dans le secteur – on se rappellera notamment l’été 2009 – mais autant d’eau, je n’ai pas souvenir d’avoir vu ça, soutient Olivier Dussault. Nous avons bien effectué 450 interventions en deux semaines lors du refoulement d’égouts au rond-point Décarie, mais ce n’était pas aussi dramatique.»

Serge Kingsley, directeur du RONA de Saint-Luc, pose devant les panneaux de gypse qui partiront sous peu comme des petits pains chauds. On assure que l'inventaire sera suffisant pour répondre à une demande accrue pour ce type de matériau. (Photo Stéphanie Brûlé)

Rénovation

Lorsque recontactée lundi, Qualinet avait déjà entrepris des travaux à la résidence de Denis Rock, située à Saint-Blaise-sur-Richelieu. Bientôt, des milliers de maisons comme la sienne devront être remises à neuf. D’ailleurs, conscients que leur commerce sera pris d’assaut au cours des jours et semaines à venir, les entrepreneurs en rénovation du coin ont fait des pieds et des mains auprès de leurs fournisseurs pour que personne ne se cogne le nez à une tablette vide.

«Nous avons augmenté de façon significative notre inventaire de balayeuses pour ramasser déchets et eau, de déshumidificateurs, ventilateurs et autres produits contre la moisissure, mentionne Audrey Archambault, directrice adjointe de RONA La Ferronnerie Houle, à Iberville. Il est aussi possible de louer de plus gros appareils en format industriel.»

Des commandes supplémentaires ont également été effectuées au RONA l’Entrepôt. «On s’assure de suivre les étapes, explique le directeur du commerce du secteur Saint-Luc, Serge Kingsley. On a d’abord fourni ce qu’il fallait pour contrer les inondations. Débutera sous peu le nettoyage et finalement les travaux de rénovation. Nous allons avoir à l’Å“il l’inventaire de gypse.»

Chez Home Depot, on demeure aussi attentif aux besoins changeants des sinistrés. «On reconnaît les gens d’une visite à l’autre, à la seule différence qu’ils se dirigent vers un nouveau département à chaque fois», souligne François Gagné, directeur du magasin de Saint-Jean-sur-Richelieu. Si l’industrie de la construction est réglementée, celle de la rénovation ne l’est pas et n’importe qui peut s’improviser spécialiste, rappelle M. Gagné. Il est ainsi préférable de s’adresser à un entrepreneur qualifié.


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