Les pires inondations depuis le déluge du Saguenay -Le premier ministre Jean Charest

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil et le premier ministre Jean Charest en discussion avec le député Dave Turcotte. (Photo Rémy Boily)
La crue du Richelieu et du lac Champlain provoque les pires inondations que le Québec ait connues depuis le déluge du Saguenay, selon le premier ministre du Québec, Jean Charest.
Comme il l’avait annoncé la veille à l’Assemblée nationale, M. Charest est venu visiter la région, jeudi dernier, pour voir de lui-même la situation dans laquelle des milliers de sinistrés vivent. Le premier ministre a d’abord survolé les zones inondées en hélicoptère avant de rencontrer les médias sur la rue du Quai, à deux pas du pont Gouin. Par la suite, il s’est rendu à Saint-Paul-de-l’île-aux-Noix, puis à Sainte-Anne-de-Sabrevois.
Reprenant certains des propos émis la veille à la période de questions, il a mis en évidence l’importance des effectifs gouvernementaux mobilisés pour faire face à la crise. Les différents ministères (Sécurité publique, Transports, Santé et Services sociaux, Communications) ont du personnel à pied d’oeuvre pour soutenir les municipalités et les sinistrés.
M. Charest a rappelé les grandes orientations qui guident les interventions lors de désastres naturels. Pour un, il faut assurer la sécurité des personnes. Ensuite, il faut prévenir les dommages aux biens et enfin, il faut reconstruire. Il a aussi rappelé les grandes lignes du programme d’aide aux sinistrés, soulignant que les rencontres individuelles avaient commencé la veille et que des chèques étaient déjà émis.
Aide
Le premier ministre indique que l’État fait tout son possible pour soutenir les sinistrés devant une situation exceptionnelle. Il prévient que l’aide gouvernementale ne remplace pas tout, mais qu’elle constitue un appui de taille. Il a promis de continuer d’accompagner les municipalités et les citoyens jusqu’au retour à la normale et d’aider à réparer les dommages.
M. Charest a aussi manifesté de l’ouverture sur la possibilité de bonifier le programme d’aide aux sinistrés. Lundi, la ministre responsable de la Montérégie, Nicole Ménard est venue annoncer que l’aide maximale pour une propriété passe de 100 000$ à 150 000$. Mme Ménard en était à sa troisième visite dans la région en quatre jours. Jeudi, elle accompagnait le premier ministre. Durant la fin de semaine, elle a fait une tournée des municipalités sinistrées.
Pour elle, il est difficile de ne pas être sensible au malheur qui frappe les riverains du Richelieu et de la baie Missisquoi. Elle souligne qu’ils sont pourtant habitués aux crues, mais la situation de cette année est exceptionnelle et dépasse de loin le record précédent.
Selon Mme Ménard, le gouvernement n’a pas tardé à demander l’intervention des Forces armées. Elle affirme que des discussions étaient en cours depuis la semaine précédente. La semaine dernière, il est devenu évident que la situation allait durer et qu’il fallait du renfort pour soutenir les citoyens.
Municipalités
Par ailleurs, le premier ministre a promis de faire preuve d’ouverture face aux demandes des municipalités. Il n’écarte pas la possibilité de bonifier le volet d’aide financière s’adressant aux municipalités, insistant toutefois sur l’aide aux petites municipalités.
Le programme couvre les dépenses extraordinaires faites par la municipalité pour les mesures de prévention, d’intervention et de rétablissement. Il couvre aussi des biens endommagés. La formule de calcul prévoit que la municipalité dépense au moins un dollar par habitant avant de recevoir de l’aide. Pour les deuxième et troisième dollars dépensés, elle reçoit 25 cents, pour les quatrième et cinquième dollars, elle touche 50 cents et pour les dépenses supplémentaires, Québec lui rembourse 75%.
Ainsi, une municipalité de 2000 habitants doit dépenser 2000$ avant de toucher une aide. Pour les 4000$ suivants, Québec lui rembourse 1000$. Pour les quatre autres milliers de dollars de dépense, elle recevra 2000$ et pour le reste, elle percevra une aide de 75%.
Une ville comme Saint-Jean peut compter sur une population de 95 000 habitants et sur des ressources humaines importantes à l’intérieur même de ses effectifs. Des petites municipalités se retrouvent avec presque autant de sinistrés que Saint-Jean sans pouvoir compter sur des ressources comparables.




