
Gob et son interprétation du «faux bonheur» publicitaire... (photo Yanick Melchior)
La ballade aux Couleurs urbaines fait partie de mes activités estivales depuis sept ou huit ans. Chaque fois, le même constat s’impose: il n’y a pas un, mais deux symposiums. Et j’oserais ajouter… une chance!
D’abord, il y a ce que certains artistes (cyniques?) appellent les «Baie St-Paul», c’est-à-dire les paysagistes, naturalistes, aquarellistes académiques dont on cherche l’originalité.
Des fleurs, des montagnes et des bonnes soeurs en patin…
Par contre, ce type de peinture plaît beaucoup. Et on ne peut nier qu’une importante masse de visiteurs viennent justement pour cette offre d’art.
Lorsqu’on ouvre l’oeil toutefois, il est possible de trouver un autre type de créateurs. Un travail plus marginal, plus contemporain, plus… dérangeant.
Pour une cinquantaine de «Baie-St-Paul» on compte un peu plus d’une dizaine de peintres qui osent, qui déploient leur propre univers, une signature originale. Sauf que les visiteurs en ont peur!
En faisant ma tournée samedi matin, je rencontre Gob. Un artiste dont j’ai déjà couvert l’exposition chez Boréart. Son truc à lui, c’est de parodier le «faux bonheur» dont la publicité nous asperge.
«Celle-là c’est une pub pour vendre un condo, regarde comme il a l’air heureux dans son condo!», me lance-t-il.
Il s’appelle Carl Gobeil et est architecte. Mais il a aussi ce côté obscur du peintre qui tend vers le graffiti et qui écoute Radiohead dans le tapis, avec son petit sous le bras «parce que c’est la seule façon pour qu’il arrête de pleurer.» …si jeune et déjà de la graine d’artiste.
-Comment c’est ce matin? Les gens s’intéressent?
-Les gens passent! Ils passent… Je pense que je leur fais peur!
Plus loin, je tombe sur Cora, elle enseigne les arts plastiques au secondaire dans les Laurentides. Son truc à elle, amalgamer peinture, collage et photo. Génial.
Au moment où je lui parle, il y au moins 1000 personnes sur le site…
-Et puis comment ça se passe, est-ce que les gens arrêtent?
-Les gens passent… Mais si je ne leur explique pas, ils n’arrêtent pas!
Voilà. Bravo aux Couleurs urbaines pour s’ouvrir à la marge. Reste maintenant à ouvrir les yeux des passants.
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