28 mars 2010

A notre santé!

Par Robert Champoux @ 10 h 48 min — Classé dans : Actualité

A notre santé!

La victoire du président Obama pour la réforme de la santé est historique: plusieurs avant lui s’y sont cassé les dents. Nos voisins démocrates du sud (puisqu’aucun républicain ne semble avoir voté en sa faveur) célèbrent ce qu’ils considèrent à juste titre comme une progression pour le peuple américain.

Et pourtant, l’envergure de la réforme proposée s’est trouvée réduite en cours de route, l’idée d’un système public ayant été évacuée afin de rendre cette réforme plus acceptable politiquement.

Au bout du compte, cela reste une excellente nouvelle pour ceux qui vivaient sans protection au pays de l’oncle Sam.

Parmi les informations qui ont circulé, on estime à 20 000 le nombre de décès annuels d’Américains, parce qu’ils ne pouvaient s’offrir les soins dont ils avaient besoin. Au Québec, cela représenterait 466 décès par année !

Un fort pourcentage des américains bénéficient d’assurances privées auprès de leur employeur. Cela explique en partie leur résistance à l’idée de payer pour que d’autres soient protégés. Cette réforme représente donc une prise de position: nous ne voulons plus vivre dans une société où les moins nantis ne sont pas soignés faute d’argent.

Heureusement, de notre côté, nous avons fait ce choix il y a longtemps. Félicitons-nous de vivre dans une telle société. Dans le climat actuel où les attentes aux urgences, les délais d’intervention, les coûts du réseau et l’essoufflement des ressources accaparent notre attention, nous devrions peut-être profiter de cette annonce historique chez nos voisins pour apprécier le fait que tous ces problèmes (très réels et souvent pénibles) que nous nous imposons sont le fait du choix d’une société civilisée: tout le monde a le droit d’être soigné s’il est malade.

D’aucuns seront tentés de dire dans les mois à venir: oui, mais en avons-nous les moyens? Je serais tenté de répondre qu’il y a sans doute moyen de faire mieux à même nos ressources actuelles, comme plusieurs experts l’avancent. D’ailleurs notre hôpital régional, Brome-Missisquoi-Perkins, qui célèbre son centenaire cette année, est très bien coté dans le milieu.

La santé et l’éducation sont les grands postes de dépenses du gouvernement. Il nous manque peut-être simplement de savoir quoi faire avec: éduqué et en santé dans quel but? Réussir? S’enrichir? Consommer? Être heureux? Redonner? À chacun sa réponse… Mais une personne en santé et éduquée tolèrerait mal de voir son semblable malade abandonné sur le trottoir, faute d’assurances.

Au moment d’écrire ces quelques lignes, le marathon de négociations entre le front commun de la fonction publique et le gouvernement bat son plein. Et le budget du gouvernement est pratiquement bouclé. Des heures de plaisir en perspective…

L’impression qui se dégage, bien au-delà des revendications salariales, c’est que ce sont l’utilisation des ressources et l’environnement de travail qui semblent au cœur des négociations. Peut-être pourrait-on faire mieux à même nos ressources actuelles?

Une histoire à suivre… De toute façon, nous avons fait le bon choix.



10 mars 2010

La violence et le jugement

Par Robert Champoux @ 10 h 50 min — Classé dans : Actualité

La violence et le jugement.

Il y a quelques jours (c’est déjà loin dans notre esprit), il y a eu une vaste opération policière à l’école secondaire Massey-Vanier. Je tiens à préciser que je n’ai aucune idée du dénouement final, autre que les policiers ont interpelé un jeune qui semble-t-il avait une arme-jouet sur lui. Mais ce n’est pas mon propos, laissons-le tranquille.

C’est de la chaîne des événements dont j’aimerais parler.

Un homme qui circule dans sa voiture aperçoit un jeune qui marche sur la rue en direction de l’école en tenant  ce qui semble être une arme de poing à la hauteur de la cuisse. Il alerte les policiers. Il fait preuve de prudence, et agit en citoyen responsable. Ne pas fermer les yeux, ni hausser les épaules. Ne pas prendre de risques avec la vie. Un bon jugement.

Les policiers évaluent la situation. Le jeune est en direction de l’école. Un campus immense.

On prend des mesures préventives : les étudiants, le personnel enseignant, le personnel de soutien, tous sont confinés à leur local, le temps que les policiers inspectent les bâtiments. Puis, on libère les locaux un à un.

Les policiers ont fait preuve de prudence, et ont agi en professionnels responsables. Ne pas fermer les yeux, ni hausser les épaules. Ne pas prendre de risques avec la vie. Un bon jugement.

J’ai joué aux cowboys il y a plusieurs années. « Bang, t’es mort ». On riait et souvent on passait plus de temps à s’obstiner à savoir si l’autre était vraiment mort ou si tu l’avais raté. Des heures de plaisir. Après, on rentrait dîner. Ma mère n’aimait pas nous voir jouer avec des fusils (parce qu’on criait).

Aujourd’hui, nous avons de drôles d’attitudes face à la violence et au jeu. Nous tolérons autour de nous des images au graphisme de plus en plus cru, des images chocs, et une violence banalisée. Certaines bande-annonces de films d’action ou d’horreur sont assez agressantes. Imaginez le film…

Dans les jeux vidéos, la violence est présentée comme… un jeu ! et le joueur devient désensibilisé. Cela va tellement vite qu’il n’y a pas d’étude fiable pouvant faire un lien entre l’utilisation de ces jeux et le comportement du joueur en société. Il reste que nous tolérons des descriptions extrêmes d’actes que nous réprouvons.

Mon père me disait « Use de tout, n’abuse de rien… ». (En fait, c’est ce que le médecin de l’armée lui avait dit à son retour de la guerre, car il avait les nerfs un peu usés…)

C’est peut-être ce qu’il faut retenir de tout cela. Jouer à un jeu, aussi violent soit-il, reste un jeu : s’agit-il de nos cowboys modernes ? Soit, chacun ses goûts. Mais en abuser peut devenir inquiétant (et l’âge sur la petite boîte n’est pas là pour rien) !

Ne pas fermer  les yeux, ni hausser les épaules. Ne pas prendre de risques avec le développement de la vie. Un bon jugement.