Entendu à la radio cette semaine sur une ligne ouverte: «Si le gouvernement donne déjà de l’aide, c’est avec nos impôts, alors je ne vois pas pourquoi je donnerais encore plus, c’est déjà assez difficile d’arriver…», disait un auditeur à qui on demandait s’il avait l’intention d’envoyer un don pour l’aide à Haïti.
Et d’autres ont suivi qui abondaient dans le même sens, alors que d’autres pensaient envoyer un don quand même, en raison de l’ampleur de cette catastrophe.
J’ai aussi lu l’histoire de cette petite couchée sous un arbre à Jacmel, qui subissait sans analgésique le nettoyage quotidien de sa plaie béante à la jambe, en attendant son amputation. Il a fallu plusieurs jours aux équipes de secours pour atteindre les lieux.
C’est loin, Haïti. En ce moment, on ne voit que cela sur nos écrans, mais c’est un peu désincarné; nous sommes tellement habitués aux images de catastrophes.
J’ai dû me faire opérer après m’être facturé la cheville en 2008 (merci au docteur Duval de BMP). Anesthésie locale. Je ne sentais rien, mais je bougeais sur la table pendant que le bon docteur perçait le trou qui allait accueillir une vis dans mon tibia. Alors le bon anesthésiste m’a fait décoller avec une petite injection. Au réveil, tout est terminé, plus d’inconfort.
Ça aussi, c’est payé par nos impôts.
Et je suis toujours là. Pour la petite couchée sous un arbre à Jacmel, je ne sais pas.
Alors je crois que je vais partager ma chance d’être né ici. Et je vais donner un montant, comme beaucoup d’entre vous l’ont déjà fait. Je vais m’imaginer que mon don paiera le bandage d’une petite fille couchée sous un arbre, ou encore l’analgésique qui lui permettra de dormir et de rêver à l’hiver.
Aux employeurs qui doublent le don amassé par leurs employés, SVP envoyez-moi les informations (montant, organisme, noms des employés) à rchampoux@bell.net. Le Guide publiera la liste des donateurs dans un numéro à venir.
Aux employés qui y songent, faites-le et dites à votre employeur que nous publierons vos noms !
Pour les discrets et les autres qui veulent faire un don, plusieurs commerces et institutions ont mis en place des mécanismes pour recueillir vos contributions. Comme pour la loterie…
Bon, une fois ce geste de partage accompli, la vie se poursuit ici.
Savez-vous que notre boîte « l’Après-Guignolée » contient un seul item !? Oui, une boîte de jus de tomates, que j’ai déposée pour nous encourager, elle et moi. J’ai aussi parlé à quelques spécialistes en la matière et je vais vous revenir bientôt là-dessus. On cherche un endroit plus accessible pour notre boîte…








