18 novembre 2009

Des conseillers qui s’expriment

Par Ugo Giguère @ 11 h 31 min — Classé dans : Actualité, Granby, Général

Nouveau conseil, nouvelle approche? Peut-être que les Granbyens auront enfin droit à des conseillers avec des idées et qu'ils vont oser les exprimer. (Photo Yanick Melchior)

Nouveau conseil, nouvelle approche? Peut-être que les Granbyens auront enfin droit à des conseillers avec des idées et qu'ils vont oser les exprimer. (Photo Yanick Melchior)

Nouvelle tendance pour le nouveau conseil municipal de Granby? Une fois n’est pas coutume selon l’adage, mais reste que l’assemblée du 16 novembre a permis d’assister à un nouveau phénomène: des conseillers qui s’expriment!

Dans une lettre ouverte publiée dans le quotidien la semaine dernière, Émile Roberge a tout simplement exprimé ma pensée en ses propres mots.

Je couvre les séances municipales de Granby depuis 1 ½ an et je peux compter les prises de position des conseillers sur une main.

Personne ne veut d’un débat gaga interminable à savoir qui pisse le plus loin. Personne. Sauf qu’entre le «yes man» et le lavage de linge sale, il y a un monde.

On nous répète ad nauseam que les rencontres préparatoires sont mouvementées, que l’argumentation est forte.

«Ça brasse, on est souvent en désaccord», qu’on nous ressasse chaque fois qu’on reproche le manque d’ouverture des conseillers.

Cette semaine encore, j’ai eu l’occasion d’en discuter avec l’ex-conseillère Claudette Hudon. Même refrain, on débat entre nous et on se range à la décision prise.

Sauf que pour le citoyen intéressé et le média en fonction, ça donne l’image d’un conseil aveugle qui n’étudie aucune autre possibilité que la décision rendue.

Devant un projet X, comment savoir que vous avez envisagé 3 ou 4 options, si vous n’en présentez qu’une seule?

Qu’est-ce que ça coûte aux conseillers de lever la main avant de rendre une décision et de dire: «de mon côté, j’ai défendu une autre position en rencontre préparatoire en raison de tel et tel argument que je juge pertinents, mais j’accepte la décision prise par mes collègues»?

Ça ne coûte rien!

Et en plus, vos électeurs vont se réjouir de savoir que vous travaillez vos dossiers. Si ça se trouve, une fois de temps en temps on va peut-être même faire des économies si votre idée s’avère bonne.

Changement

Pour en revenir à la séance du 16 novembre, le changement a peut-être fait du bien au conseil municipal. L’adition de Patrick Girard, Pascal Bonin et Yves Pronovost, ainsi que le retour en politique de Élliette Jenneau amène une fraîcheur.

Malgré les maladresses de la première séance, on a eu droit, pour une fois, à des oppositions. Pas de chicanes de ménage. Des prises de position. Enfin.

D’abord le conseiller réélu Pierre Breton, le seul que j’aie vu prendre la parole en 1 ½ an de couverture, s’est opposé à deux recommandations du comité de circulation.

Deux votes anodins qui ne bousculent pas l’avenir de la ville, mais qui changent la dynamique.

Sur l’un de ces votes, le maire Goulet a même dû trancher pour briser une égalité de cinq pour et cinq contre. Une autre première en 1 ½ de couverture. Ce n’est qu’une histoire de «stop» dans un quartier résidentiel, mais c’est un début.

Pour couronner le tout, la nouvelle représentante du quartier 2, Éliette Jenneau a ramené sur le tapis le dossier de piste cyclable sur la rue de l’Estrie.

«Considérant qu’il n’y a aucune demande pour une piste temporaire, je considère que c’est du gaspillage de fonds publics», a-t-elle lancé.

Une prise de position.

Le vote n’a pas été favorable pour elle, mais on ne doute pas qu’elle y reviendra.