24 août 2008

Battre le fer quand la soupe est chaude

Par Ugo Giguère @ 9 h 27 min — Classé dans : Politique

Prenez un grand respire. La sentez-vous? Ça sent pas l’huile à pétates frites fédérale, le député fiévreux ou la soupe chaude électorale… En tout cas, s’il en faut croire Stephen Premier, vaut mieux battre le fer pendant que la soupe est chaude.

Rumeur ou pas rumeur, l’élection n’est pas loin de la déclenche. Même l’honorable ministre du Dur labeur Jean-Pierre Blackburn trouve que c’est “sérieux tout cela”.

Pourtant, comme le lui ont rappelé ses confrères en choeur: “L’avantage de dire go appartient au gouvernement alors t’aurais pu te la boucler!”

Mais justement, avoir le pouvoir de choisir la date du congé pour aller voter – même s’il y a une loi qui dit que ça devrait être à date fixe – est supposé être un avantage. Alors pourquoi maintenant?

Personnellement, et selon mon oeil de lynx planté sur la société canadienne, Stephen Premier et sa troupe ne reluisent plus tant que ça…

Coupures en culture, tentative de censure au cinéma, absence aux J.O. de Pékin, pas le goût de rien faire pour Omar Khadr, pas d’asile pour les soldats déserteurs américains, ministre qui batifolle avec la belle empoisonneuse, on se force mais pas trop pour Kyoto… et une enquête sur leurs dernières dépenses électorales.

Il me semble que si je voulais me lancer en élection je ferais des cadeaux. Je me ferais beau, avec une cravate neuve et un chou sur la tête. Je dirais à tout le monde que je les aime et j’essaierais de les flatter dans le sens du poil.

Mais bon. C’est juste moi.

Ah oui! J’oubliais. Espérons qu’ils ne choisiront pas les journalistes et les questions à l’avance pendant les élections aussi… Parce que je n’ai pas l’habitude de préparer mes questions à l’avance! 



15 août 2008

L’oeuf ou la poule?

Par Ugo Giguère @ 10 h 05 min — Classé dans : Général

Question existentielle parmi tant d’autres, mais Ô combien capitale! Qu’est-ce qui vient en premier: l’oeuf ou la poule? Non, mais c’est tordu… Ça prend une poule pour faire un oeuf et ça prend un oeuf pour faire une poule.

Bon. Allons un peu plus loin. Qu’est-ce qui vient en premier: l’oeuf en or ou la poule aux oeufs d’or? J’aurais bien voulu demander aux gens de Loto Québec, mais ils sont un petit peu trop occupés ces temps-ci.

“Comment ça occupés Giguère? Trop de monde au casino!” Bin non. C’est qu’ils sont pris avec une autre question des plus complexes.

Qu’est-ce qui vient en premier, le jeu ou le joueur compulsif? Ouh-la-la! 

Ça prend des joueurs pour jouer et ça prend du jeu pour avoir des joueurs… Jusque-là on s’entend. Et disons que Loto Québec a compris le système parce que le boulier du 6/49 tourne au quart de tour.

Toutefois, l’orage pointe à l’horizon. Un horizon pas trop loin. En fait, l’orage risque de péter le 15 septembre.

Un avocat de Québec, Jean Brochu, a intenté un recours collectif contre Loto-Québec afin que les soins des joueurs compulsifs, qui souhaitent s’en sortir, soient payés par l’État.

Selon les chiffres dudit poursuivant, dévoilés par le quotidien Le Soleil, 175 000 joueurs compulsifs peuplent la province. Advenant un jugement en faveur de M. Brochu, Loto Québec pourrait hériter d’une facture de… 700 MILLIONS!

A-t-on créé un monstre? Loto Québec est une vache à lait assez productive merci, mais encore une fois, à quel prix.

Contrôler le monde du jeu, c’est bien. Encourager le jeu, c’est mal. Sauf que si on ne l’encourage pas, on ne fait pas de sous. Si on l’encourage, on crée des malades, on détruit des vies et des familles…

Le dernier en liste – officiellement connu – serait Yves Demers, de Saint-Agapit. Suicide.

Plusieurs questions se posent. Des questions d’éthique. Un état au service de ses citoyens d’une main, mais qui ne rechigne pas à mettre l’autre main dans ses poches.

On peut s’attendre à ce que Loto Québec essaie justement de laver ses mains en cour. Un peu de savon et un filet d’eau chaude pour effacer les larmes et le sang des victimes du jeu.

Son jeu.



7 août 2008

8-8-08, un mauvais jour

Par Ugo Giguère @ 12 h 59 min — Classé dans : Histoire

Qu’est-ce qu’il y a le huit du huit deux-mille-huit? Oui, plein de mariages kétaines. Oui, beaucoup de joueurs naïfs dans les casinos. Mais encore? AH! L’ouverture des Jeux olympiques de Pékin. Voilà.

Mauvaise idée.

Bon, vous allez me dire: «Bin oui, c’est une bonne idée, c’est un jour chanceux!» Ou pire encore: «Bin oui, c’est une bonne idée, on va s’en souvenir!» Hiiiiiiiiin. Erreur.

Non, le 8 août n’est pas un jour chanceux et re-non on ne s’en souviendra pas. Pourquoi?

Le 8 août est d’ores et déjà une grande, que dis-je, une TRÈS grande date dans l’histoire de l’humanité. Vous ne vous en souveniez-pas hein? En voici quelques unes…

1876: Thomas Edison invente le fax.

1961: Naissance de David Howell Evans, surnommé “The Edge”, guitariste de U2.

1981: Naissance de Roger Federer.

Qu’est-ce que je vous disais! Quoi? Ce n’est pas assez? Pas de problèmes, mais je vous aurai averti…

Le 8 août 1988, en Birmanie, appelé aussi le Myanmar, le gouvernement totalitaire réprimait une grève générale dans la capitale de Rangoon. Impossible de chiffrer le nombre de morts, que certains estiment à 10 000, mais les corps ont été incinérés par milliers, transportés par camions comme du bétail.

Une masse de paysans, étudiants, moines, hommes d’affaires et écoliers scandait des slogans afin de promouvoir la démocratie. On leur a répondu par la force des mitrailleuses et la pointe des baïonnettes. Médecins, infirmières et volontaires de la Croix-Rouge qui tentaient de leur porter secours ont aussi été exécutés.

Probablement qu’il y a 20 ans de nombreux groupes ont manifesté. Probablement que de nombreux discours ont été prononcés et probablement qu’on s’est dit qu’on allait jamais oublier… et pourtant!

Si je peux me permettre un parallèle, dîtes-vous que le Myanmar est isolé et qu’il mène sa barque dans l’ombre, à l’insu du reste du monde. Un peu comme la Chine.

L’empire du milieu est un grand mystère, un lieu ou l’homme et ses droits fondamentaux ne pèsent pas très lourds dans la balance. Lorsque vous serez envoûté par la grandeur et la beauté des cérémonies d’ouverture des J.O. de Pékin, ainsi que de tout le reste… Ayez une petite pensée pour ces «disparus» qui n’ont commis comme seul crime que d’avoir une opinion.

P.S.: Le 8 du 8 1988, c’est aussi l’anniversaire du décès de Félix Leclerc. Vous en souveniez-vous?