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31 août 2010
 Marie-Mai a régné sur la ville le temps d'une soirée, au grand bonheur de ses loyaux sujets granbyens. (Photo Yanick Melchior)
Samedi soir, si vous n’étiez pas au parc Daniel-Johnson, vous deviez vous sentir bien seul. La marée humaine couvrait tellement d’espace autour de la grande scène et jusqu’au sommet de la «butte familiale» que c’est difficile de croire qu’il restait des gens ailleurs en ville.
On va régler une chose: Marie-Mai a donné tout un spectacle. Granby en fête a visé dans le mille, la jeune rockeuse était le choix idéal pour l’événement.
Cela dit, mon point est ailleurs. Pour moi, Marie-Mai c’est comme la lutte… les claques sur la bédaine en moins!
Quand j’étais petit et que j’écoutais la lutte, ils disaient toujours à la télé que c’était le meilleur produit de «sports entertainment». Du sport-divertissement. Ils ne se cachent pas, c’est pas du sport, c’est pas vrai, mais c’est sportif. C’est un sport de divertissement.
Voilà.
Marie-Mai, c’est de l’art-divertissement. C’est pas de l’art, c’est pas vrai, mais c’est de la chanson (très) commerciale. De l’art-divertissement.
Tout est arrangé avec le «gars des vues», mais ça rock en maudit! Au départ, je ne m’attendais à rien, sauf à des jeunes filles en transe. On a effectivement eu droit à des cris stridents, mais aussi à un maudit bon spectacle.
La jeune femme offre un «produit familial», «politically correct» et commercial à fond… Et ça marche. Elle n’a rien à envier aux Miley Cirus, Katy Perry et autres idoles d’ados. Même qu’elle a quelque chose de plus… une personnalité. Et j’ajouterais une attitude.
LA Star de l’académie, c’est elle. Si ce concours a donné une chose de bien, c’est Marie-Mai. Une battante qui assume pleinement son personnage et qui peut aller loin, très loin.
Par contre, ce genre de denrée est périssable. Comme la lutte et le Père Noël. Un jour, on n’y croit plus. Les ados grandissent et il faut se réinventer, au risque de se voir «deleter» des iPod de fans en constante recherche d’inédit.
Elle le sait. En présentant sa chanson Pour une fois, elle a parlé du risque de perdre son public, cette relation privilégiée. Un cauchemar pour tout artiste qu’on a élevé si haut.
C’est une histoire à suivre, mais on lui souhaite tout le succès du monde. Quand on a le talent, l’attitude et le look… il ne manque que le soutient d’une grosse machine.
La semaine dernière, alors que l’Express attendait le coup de fil de la chanteuse, elle revenait tout juste de la Californie…
On verra ce que le futur lui réserve, mais on y croit. Pour l’instant.
25 août 2010
 Des vélos faits à la main à l'épreuve des montagnes. (Photo Yanick Melchior)
Si vous maîtrisez suffisamment la langue de Shakespeare pour lire un article un brin spécialisé, je vous suggère ceci: Xprezo Furax DH Race Bike. Même si l’anglais vous pose problème, les photos sont magnifiques.
Le texte en question n’est ni plus, ni moins qu’un hommage bien rendu au talent d’ingénierie et d’entreprise bien de chez nous. Cycles Xprezo, présentement installée dans l’incubateur du Technoparc de Bromont fait figure de leader dans le monde du vélo de montagne.
Deux de leurs fiers représentants ont d’ailleurs remporté les honneurs du tout premier Bromont Open!
Pour en savoir plus, mon collègue Philippe Boisvert vous présentait le président-fondateur de l’entreprise, Hugo Bardou, en mars dernier.
23 août 2010
«Si l’Amérique continue à produire des hommes semblables à celui-ci (Monsieur Quincey Morris) elle deviendra assurément une puissance dans le monde.»
- Bram Stoker, auteur de Dracula (ma lecture du moment!), en 1897.
Disons que les États-Unis étaient déjà en bonne position au moment où il a écrit cette phrase, mais ça mérite quand même une mention pour la prédiction.
11 août 2010
 Gob et son interprétation du «faux bonheur» publicitaire... (photo Yanick Melchior)
La ballade aux Couleurs urbaines fait partie de mes activités estivales depuis sept ou huit ans. Chaque fois, le même constat s’impose: il n’y a pas un, mais deux symposiums. Et j’oserais ajouter… une chance!
D’abord, il y a ce que certains artistes (cyniques?) appellent les «Baie St-Paul», c’est-à-dire les paysagistes, naturalistes, aquarellistes académiques dont on cherche l’originalité.
Des fleurs, des montagnes et des bonnes soeurs en patin…
Par contre, ce type de peinture plaît beaucoup. Et on ne peut nier qu’une importante masse de visiteurs viennent justement pour cette offre d’art.
Lorsqu’on ouvre l’oeil toutefois, il est possible de trouver un autre type de créateurs. Un travail plus marginal, plus contemporain, plus… dérangeant.
Pour une cinquantaine de «Baie-St-Paul» on compte un peu plus d’une dizaine de peintres qui osent, qui déploient leur propre univers, une signature originale. Sauf que les visiteurs en ont peur!
En faisant ma tournée samedi matin, je rencontre Gob. Un artiste dont j’ai déjà couvert l’exposition chez Boréart. Son truc à lui, c’est de parodier le «faux bonheur» dont la publicité nous asperge.
«Celle-là c’est une pub pour vendre un condo, regarde comme il a l’air heureux dans son condo!», me lance-t-il.
Il s’appelle Carl Gobeil et est architecte. Mais il a aussi ce côté obscur du peintre qui tend vers le graffiti et qui écoute Radiohead dans le tapis, avec son petit sous le bras «parce que c’est la seule façon pour qu’il arrête de pleurer.» …si jeune et déjà de la graine d’artiste.
-Comment c’est ce matin? Les gens s’intéressent?
-Les gens passent! Ils passent… Je pense que je leur fais peur!
Plus loin, je tombe sur Cora, elle enseigne les arts plastiques au secondaire dans les Laurentides. Son truc à elle, amalgamer peinture, collage et photo. Génial.
Au moment où je lui parle, il y au moins 1000 personnes sur le site…
-Et puis comment ça se passe, est-ce que les gens arrêtent?
-Les gens passent… Mais si je ne leur explique pas, ils n’arrêtent pas!
Voilà. Bravo aux Couleurs urbaines pour s’ouvrir à la marge. Reste maintenant à ouvrir les yeux des passants.
Pour voir toutes les photos des Couleurs urbaines, cliquez ici.
4 août 2010
 Sylvie Desgroseillers est probablement la figure la plus connue de la distribution de l'Esquire Show bar et elle livre une performance exceptionnelle. (Photo gracieuseté)
On ne fera pas de détour, le meilleur show en ville est à l’Esquire Show bar. Pardon, le meilleur spectacle en ville est au Théâtre Palace qui présente jusqu’à la fin août l’Esquire show bar!
Vendredi soir, lors de la première représentation au Palace, l’accueil a été des plus enthousiastes. La salle habituellement plutôt froide et confortable a été frappée par l’ouragan Rythm’n blues des années ’50 à ’70.
Pas moins de 10 fois, le public a bondi en bloc, et spontanément, de son siège. Les grands succès de la musique afro-américaine d’après-guerre sont toujours bien vivants.
Wilson Pickett, Etta James, Percy Sledge, Ray Charles, Aretha Franklin, The Isley Brothers, James Brown, Otis Redding… Tous des noms qui font regretter cette époque musicale.
Créé par Michael Dozier, qui chante aussi dans le spectacle, et Michel Gaumont, la revue musicale raconte l’histoire du bar l’Esquire, jadis lieu incontournable de la musique noire sur la rue Stanley à Montréal.
«Tous les grands sont passés là. Tous les noms qu’on a dans le show sont venus ne serait-ce qu’une fois!», assure Michel Gaumont qui a lui même fréquenté l’endroit dans son adolescence… moyennant un petit pourboire au portier!
Moments forts
Dès les premiers instants on a senti qu’on allait assister à quelque chose de bon, mais c’est à l’entrée en scène de monsieur Skipper Dean que l’ambiance a monté d’un cran.
À la première note de When a man loves a woman popularisée par Percy Sledge, le public a immédiatement répondu par une salve d’applaudissements enthousiastes. Et c’était parti pour une première ovation.
Skipper Dean possède une voix puissante et une prestance tout à fait à l’image des grands artistes de l’époque de l’Esquire. On prendrait avec plaisir une soirée entière à l’écouter nous balancer toutes ces chansons qui se sont succédées au sommet des palmarès.
On s’est ensuite levé à nouveau pour Sylvie Desgroseillers en Etta James et en Aretha Franklin. Le vénérable Jimmy Dooley, 73 ans, a lui aussi bien mérité plusieurs ovations.
Une des forces du spectacle se trouve dans sa façon de passer de l’exubérance d’un James Brown à la sobriété d’un John Lee Hooker en cinq minutes!
Si vous aimez les revues musicales ou simplement les bons divertissements vous serez servis. Ce spectacle n’a rien à voir avec le Hollywood Melodies des dernières années, on parle tout simplement d’un autre calibre, d’un professionnalisme et d’une qualité exceptionnelle.
Sept musiciens, dont une section de cuivres, six chanteurs et quatre choristes-danseurs brûlent littéralement les planches. Un incontournable à voir jusqu’à la fin août!
30 juillet 2010
 Tobias Kamke lors de son premier match, mardi soir. (Photo Yanick Melchior)
Pardon pour le jeu de mots facile, mais je crois traduire la pensée de bien des spectateurs du Challenger cette semaine. Le favori du tournoi, Tobias Kamke, semble être de mauvais poil et ça tape sur le gros nerf de bien du monde!
Monsieur a joué deux fois… deux victoires… Mais jamais content! L’arbitre est pourri, les juges de ligne ne voient rien, le soleil, le vent, les couleurs, la température, les cheveux de la quatrième personne dans la troisième rangée, les oiseaux… TOUT le dérange…
On aime tellement ça les «chialeux».
Une chose est sûre, il est le meilleur au classement, mais certainement PAS le favori du tournoi… On commence à avoir hâte de le voir partir! Alors je pose la question: Kamk’est-ce qu’il va être éliminé?
On se serait cru à l’International Bromont jeudi soir sur le court central du tennis St-Luc. Le jeune étalon prodige, Milos Raonic, en a mis plein la vue au public déjà acquis du Challenger de Granby.
En vrai pur sang qu’il est, l’Ontarien de 19 ans, 258e joueur mondial pour l’ATP et 4e joueur canadien selon Tennis Canada, a étalé sa puissance contre un Salamanca (146e) impuissant.
Il est permis de rêver en regardant ce Raonic servir des balles de feu à l’image de son entraîneur et mentor Frédéric Niemeyer. Le flambeau est passé et on ne peut que constater que son nouveau porteur le tient bien haut.
Doté d’une physionomie équine, de longues jambes taillées au couteau, il en impose sur le court. Et contrairement à Niemeyer, il paraît beaucoup plus à l’aise en échange et beaucoup plus habile à couvrir toute la surface.
Depuis le début de 2010, il est passé d’abord du 371e rang au 425e quelque part en mars avant d’enfin prendre son rythme. Il a depuis gagné 167 places.
Une progression à l’image de son match de deuxième tour. Un premier set difficilement arraché au compte de 7-6(6) et un second set complètement dominé 6-1.
Milos Raonic a été officiellement adopté, reste à voir jusqu’où la foule pourra soulever le fringant poulain. Il a maintenant atteint les quarts, rendez-vous cet après-midi pour la suite…
Milos Raonic affronte Paul Capdeville 7e tête de série du tournoi aux environs de 16h.
28 juillet 2010
 Frank Dancevic peut souffler, le premier tour est passé. (Photo Yanick Melchior)
Tendus, verres fumés devant les yeux, les parents de Frank Dancevic étaient faciles à reconnaître dans les gradins du court central du Tennis St-Luc. Installés en plein centre du terrain, ils réagissent à tous les coups, comme s’ils étaient eux-mêmes impliqués dans le match.
Les parents d’athlètes sont universels. Bon, en excluant les fous tordus qui gueulent et qui ragent contre les arbitres et le mauvais sort qui s’acharnent toujours sur leurs enfants. Je parle des autres. Les autres, ils sont tous pareils.
D’abord le père, casquette basse, porte les vêtements du commanditaire de son fils, air bourru derrière ses verres fumés. Ne le dérangez pas, il regarde son fils. Nerveux sans le montrer, il prend des posent détachées, mais ce faux comportement non-verbal le trahit.
En constant combat contre ses émotions, il se retient de réagir à tous les points. Après tout, il en a vu d’autres… Mais régulièrement il se laisse aller à quelques applaudissements. Toujours légers, mais accompagnés de mouvements des lèvres que l’on comprend facilement comme disant «Let’s go Franky».
Si le point est serré, que le coup gagnant est spectaculaire, il explose! C’est lui qui frappe le plus fort dans ses mains, c’est lui qui lâche le premier «Yeah!» bien senti.
À sa droite, la mère. Beaucoup plus tendue. Sa tension est palpable jusque de l’autre côté du court. Tellement que son aura semble battre aussi vite que son coeur. Elle, elle réagit sur tous les points, même tous les coups de raquette. Fébrile comme… comme une mère!
Quand le jeu se corse, que Frank est dans les câbles, on la voit serrer les points. Joindre les mains en prière comme pour implorer les dieux du tennis. Et ça marche!
Mardi soir, Frank Dancevic revenait au jeu après avoir subi une autre blessure. Un autre obstacle sur son chemin. Cette fois une coupure à la jambe subie dans un tournoi à Atlanta.
Il est à Granby pour jouer, frapper des balles, bouger et reprendre la forme du joueur d’élite qu’il est. Face à Igor Sijsling, il a bien fait. Une victoire e 7-5 et 6-3 qui aurait pu être plus longue n’eut été de maman et papa.
Pourquoi?
À 3-3 en deuxième manche, Frank est au service et tire de l’arrière 0-40. L’heure est grave, car s’il est brisé, la manche peut basculer.
C’est alors que maman initie les encouragements. Elle se met à frapper des mains et à encourager son protégé. L’effet d’entraînement fait son travail et la foule s’anime enfin derrière le double champion du tournoi.
Il n’en fallait pas plus. Alors que son père se contente de hocher la tête à chacun des points suivants, la confiance opère. 15-40, 30-40, égalité, avantage, point. Frank s’en sort. Ouf!
Et tout bascule, du bon côté. Il brise ensuite Sijsling et gagne le match. Dans les gradins, un père regarde son fils et brandit le poing en l’air. Victoire.
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