Péripéties à la frontière

Une chronique de Lydiane St-Onge

Publié le 4 avril 2016

De sympathiques policiers qui m’ont posé mille et une questions et qui ont aussi accepté de se faire prendre en photo!

©Photo: Lydiane St-Onge

On m’en avait parlé à maintes reprises : traverser les douanes terrestres israéliennes est un défi en soi, surtout pour une étrangère qui ne parle pas un mot d’arabe!

J’ai quitté Amman, la capitale jordanienne, avec mon sac sur le dos et mon passeport en main. J’étais prête pour affronter une grosse journée!

Je me suis rendue à la frontière de la Jordanie en taxi collectif. Une heure après notre départ, nous avons aperçu les douanes. Le taxi a déposé les trois autres passagers et m’a fait signe de rester à l’intérieur en redémarrant, sans explication. Bizarre! Quelques minutes plus tard, il s’arrêtait aux douanes réservées aux étrangers.

À l’intérieur des douanes, les procédures ont été un peu compliquées. J’ai dû obtenir un papier ici, une étampe là, payer des frais pour monter dans un autobus en direction des douanes israéliennes… Cinq kilomètres à faire, mais nous avons mis deux heures.

Congestion! C’est quand même plus original d’être prise dans un autobus entre deux frontières, au Moyen-Orient, que de l’être à Montréal. Une fois arrivée, surprise: 250 personnes impatientes faisaient la queue, se criant dessus, essayant de passer les uns devant les autres. Un vrai bordel!

Dans la file, les gens n’hésitaient pas à me dépasser et à en profiter, car je ne pouvais pas m’exprimer en arabe. Rien à faire! Je ne pouvais même pas compter sur les policiers, qui ne sont intervenus à aucun moment. J’ai appris plus tard qu’on pouvait les payer pour passer plus vite… Après deux heures d’attente à jouer du coude, à pousser des gens, et même à élever le ton face à un homme qui tentait de me dépasser sournoisement, j’ai enfin réussi à atteindre la première douanière israélienne.

Là, interrogatoire complet : «Vous voyagez seule et ne connaissez personne en Israël?» «Vous avez voyagé au Moyen-Orient par vous-même pendant deux mois?» Cela ne semblait pas du tout lui plaire! Conclusion : je suis louche. Je ne savais pas encore qu’on allait probablement me surveiller durant tout le reste de mon voyage…

C’est le lendemain, en plein cœur de Jérusalem, après m’être fait interroger dans la rue par au moins quatre policiers différents que j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un simple hasard. «Êtes-vous une espionne? Votre blogue Facebook est la meilleure excuse pour passer incognito.» J’hésitais entre rire aux éclats et prendre le tout au sérieux. Moi, une espionne? Il en faut de l’imagination!

Le lendemain, encore mieux : un policier s’est assis juste derrière moi dans un café presque vide, ne se cachant pas du tout pour observer mon ordinateur par-dessus mon épaule. Je me demandais si je devenais parano, mais j’en ai discuté avec quelques locaux qui m’ont dit qu’il y avait de fortes chances que je sois suivie.

La bonne nouvelle, au final, c’est que je suis en sécurité en Israël, ayant toujours à proximité un policier qui veille sur moi. Malgré leurs soupçons, ils sont plutôt gentils!

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