Comment faire la rencontre d'éléphant… autrement

Une chronique voyage d'Ariane Arpin Delorme

Publié le 17 novembre 2016

©Ariane Arpin Delorme

Nous avons tous une « bucket list » d’expériences que l’on aimerait vivre ou de destinations que l’on aimerait tant découvrir avant de mourir.

Mon retour d’Afrique m’amène à vous parler d’une expérience qui se retrouve sur de nombreuses listes : la balade à dos d’éléphants.

Il y a assurément un air de romantisme à faire une balade à dos d'éléphant. Assis sur le dos de ce géant traversant des plages de sable blanc le long d’une mer turquoise ou au travers la jungle…

Qui n’aimerait pas affirmer qu’il a voyagé en Thaïlande et a eu la chance de monter sur le dos d’un éléphant ?

Mais, la vérité est qu’avec l’information que nous avons en main aujourd’hui, nous devrions éviter cette expérience pour le bien des éléphants.

Aux États-Unis, des organisations telles que la Humane Society ainsi que l'Association des zoos et aquariums sont fermement contre les balades à dos d’éléphants en raison de l'abus que subissent ces derniers lors de leur apprentissage ainsi qu’au sujet de la sécurité des voyageurs. Je crois que la plupart des gens ne sont tout simplement pas au courant de cette réalité.

Des raisons de privilégier des façons plus humaines de se rapprocher des éléphants au lieu de monter sur leur dos

L’entrainement

Le mahout formera les éléphants qui seront utilisés au sein de l'industrie du tourisme. Les jeunes éléphants sont arrachés à leurs mères et piégés dans de minuscules espaces, abusés avec des bâtons de bambou à clous afin de les affamer.

La santé

La colonne vertébrale de l’éléphant n’est en fait pas en mesure de bien supporter le poids de personnes. Porter des touristes sur le dos toute la journée peut conduire à des lésions permanentes. De plus, le poids inconfortable de la chaise attachée à leur dos peut causer des infections et blessures. Certains en laissent même leur peau.

L’interaction sociale

Les éléphants, comme les humains, ont besoin de socialiser ainsi que de se sentir à proximité de leur famille et amis. Ceux-ci ressentent de la douleur, de la tristesse, du bonheur et plus encore. Cependant, au contraire de ce qu’ils ont besoin, ils vivent essentiellement isolés dans plusieurs camps d’éléphants.

Les conditions de vie

Les éléphanteaux sont attachés aux mères pendant les balades, ce qui peut leur causer des blessures devant suivre le rythme souvent trop rapide. Afin de poursuivre la randonnée, le mahout les poussera avec leur bâton de bambou leur causant de graves traumatismes. La plupart des camps vont aussi enchaîner ces éléphants quand ils ne travaillent pas, sans souvent les nourrir suffisamment.

Plusieurs voyageurs mentionnent être témoins de la détresse des éléphants lorsque ceux-ci balancent leurs tête, soit un signe de stress psychologique grave.

Heureusement, il est tout de même possible de vivre cette expérience extraordinaire, mais de façon plus responsable ! Une bonne règle à retenir est de ne pas encourager les campements qui proposent des balades à dos d’éléphants. Rappelez-vous, tous ces éléphants ont souffert de la torture.

Selon l'endroit où vous vous trouvez, il y a maintenant davantage de projets de conservation qui vous permettent de les nourrir, de les baigner et de passer du temps avec eux sans leur causer d'autres dommages.

Les parcs comme le Elephant Nature Park ou Boon Lott Elephant Sanctuary dans le nord de la Thaïlande sont deux bons exemples qui jouissent d’une bonne réputation et permettent l'interaction homme-éléphant sans compromettre la sécurité de l'éléphant.

Par le fait même, j’aimerais vous faire part d’une campagne de sensibilisation : I Worry (http://iworry.org/) mise sur pied par la Fondation : The David Sheldrick Wildlife Trust (http://www.sheldrickwildlifetrust.org/) dédiée à protéger et à conserver la faune africaine, plus particulièrement les espèces en danger et victimes du braconnage, tels les éléphants et les rhinocéros.

Bonne prochaine rencontre avec un éléphant !