Josée Morneau succédera à Maryse Davreux à la tête de la Direction de la protection de la jeunesse


Publié le 10 mai 2017

Josée Morneau

©Photo: CISSS Montérégie-Est

Dans les prochaines semaines, Maryse Davreux quittera son poste de directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie pour laisser sa place à sa directrice adjointe, Josée Morneau. Le Courrier du Sud s’est entretenu avec les deux femmes pour en savoir davantage sur leur vision d’organisation.

Maryse Davreux dresse un bilan positif de ces cinq années passées à la tête de la DPJ Montérégie, qui a pour mission de protéger et venir en aide aux enfants jusqu’à leur majorité. Elle a notamment mené à terme plusieurs projets, dont l’application du concept de protection et du cadre de référence du projet de vie des enfants.

Maryse Davreux
Photos: CISSS Montérégie-Est

«Le concept de protection est une grille d’analyse qui a été développée à partir de la Loi de la protection de la jeunesse, explique Maryse Davreux. Ce concept s’applique tout au long des interventions. Quand je suis arrivée en poste, c’était essentiel pour moi de l’animer à travers l’établissement pour qu’on prenne tous nos décisions de la même façon. Ce n’est pas simplement un document; c’est une vision que nous avons développée ensemble.»

Même si, dans la mesure du possible, la DPJ tente de maintenir les enfants dans leur milieu familial, il arrive toutefois des situations où cela est impossible. C’est à ce moment que la DPJ doit développer un projet de vie pour ces enfants qui ne pourront jamais retourner dans leur noyau familial.

«Nous avions des préoccupations concernant les enfants qui étaient retirés de leur milieu familial parce que les parents avaient des difficultés importantes. Il y a des enfants qui ont attendu des années que papa ou maman règlent leurs difficultés, déplore Mme Davreux. Ils avaient toujours de l’espoir et les enfants n’arrivaient pas à s’installer dans leur nouveau milieu. Le cadre de référence a été mis en place pour cette raison, mais nous avons eu besoin de refaire un tour de roue dans l’établissement. C’était vraiment une préoccupation très importante que j’avais et que j’ai portée depuis que je suis en Montérégie pour m’assurer que tous les enfants avaient un projet de vie. Il faut que le projet de vie soit une préoccupation pour tous.»

Mme Davreux estime qu’aucun dossier n’a été laissé en plan pendant son mandat.

«On disait que je ne lâchais pas facilement le morceau», dit-elle avec le sourire.

Miser sur la continuité

Comme elle a travaillé avec Maryse Davreux pendant les quatre dernières années, Josée Morneau entamera son mandat dans la continuité.

«J’ai contribué de près ou de loin à l’ensemble de ces réalisations, affirme d’emblée Josée Morneau. C’est certain que je m’inscris alors dans la continuité des projets et des orientations mis en place par Mme Davreux. Je veux m’assurer de réanimer continuellement le concept de protection et le cadre de référence de projet de vie, autant à l’interne qu’à l’externe.»

Josée Morneau désire véhiculer que «ce ne sont pas tous les problèmes qui doivent être adressés à la protection de la jeunesse».

«C’est important que les partenaires comprennent bien l’objectif de la Loi de la protection de la jeunesse, explique-t-elle. Un problème n’égale pas nécessairement un signalement à la DPJ, mais plutôt un besoin de service. Ce sont les problèmes pour lesquels les parents ne sont pas en mesure de régler la situation et pour lesquels il y a un impact majeur pour l’enfant dans son développement ou sa sécurité où qui demandent l’intervention de la DPJ.»

Celle qui entrera en poste à la fin mai estime que les interventions doivent être faites d’abord dans une perspective de relation d’aide. «Le volet autorité doit être utilisé en dernier recours», précise Mme Morneau.

«Nous sommes gagnants en informant et en rassurant les gens, ajoute-t-elle. Chaque fois que je m’adresse à un intervenant, je lui dis ‘‘imagine toi que c’est à ta porte qu’on vient cogner’’. Quand la protection de la jeunesse cogne chez vous, c’est certain que c’est stressant. Nous devons donc d’abord accueillir les gens en lien avec ce stress et ensuite leur expliquer la situation. C’est quelque chose d’extrêmement important pour moi.»

Les deux femmes s’entendent certainement sur une chose : «Il faut une communauté tout entière pour protéger les enfants».

«Je pars du principe qu’avoir des difficultés familiales, ça peut arriver à tout le monde. Il faut être en mesure de prévenir, dépister et protéger. Il y a de très bonnes communications avec l’ensemble des gens qui œuvre autour des familles et il faut que ça se poursuive», conclut Mme Morneau.