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Georges Coulombe prêt à rénover la maison Bouthillier à ses frais


Publié le 6 septembre 2017

La maison Bouthillier a une valeur patrimoniale importante. Qui plus est, elle est liée au patrimoine du domaine de la santé.

©Photo Kim Valiquette

Georges Coulombe, propriétaire et gestionnaire immobilier, se dit prêt à rénover la maison Bouthillier à ses frais pour qu'elle soit ensuite cédée à un organisme communautaire. Il estime que son importante valeur patrimoniale du bâtiment justifie de le sauver de la ruine et de la démolition.

La Maison Bouthillier tient son nom du Dr Alexis Bouthillier (1870-1940), connu dans la région comme le médecin des pauvres au début du 20e siècle. Il a été échevin et maire de Saint-Jean en plus d'être député provincial sans interruption de 1919 jusqu'à son décès accidentel, en 1940. Il a même déjà été élu sans opposition.

La maison est toujours rattachée à l'immeuble du CHSLD Georges-Phaneuf.
Photo Kim Valiquette

Cette maison située au 240, rue Jacques-Cartier nord a été construite vers les années 1850 par Joseph Delagrave, avocat qui fut maire de Saint-Jean. Le Dr Bouthillier l'a acquise en 1913 avant de la céder aux Sœurs de la Charité (Sœurs Grises) pour y loger les infirmières de l'hôpital de Saint-Jean, située juste à côté. Une annexe y avait été ajoutée à l'arrière pour abriter l'école d'infirmières jusqu'à ce que cette formation soit reprise par le cégep.

Depuis cette époque, la maison Bouthillier est toujours restée rattachée à l'immeuble du CHSLD Georges-Phaneuf. Un temps, le département de santé communautaire de l'Hôpital du Haut-Richelieu y a logé avant que l'annexe ne soit démolie pour faire de l'espace de stationnement.

Depuis, la maison est inoccupée. Elle n'est pas chauffée et elle est laissée à l'abandon. Elle appartient au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie Centre. Les investissements que l'organisme y a faits semblent s'être limités à des madriers pour consolider le perron et le balcon avant.

Georges Coulombe

Résident de Saint-Jean-sur-Richelieu, Georges Coulombe est l'un des promoteurs privé les plus importants de Montréal. Il détient un actif de près de 2 millions de pieds carrés d'espace locatif dans la Métropole, où il est connu pour la conservation d'immeubles patrimoniaux de prestige, notamment dans le Vieux-Montréal. À Saint-Jean, il a rénové les immeubles du 93 et du 182, Richelieu. Il a agi comme conseiller de la Ville dans la réfection du site Trinity. Son expertise dans la conservation du patrimoine bâti est reconnue à l'échelle du Québec.

Il y a quelques années, il a eu de l'intérêt pour acquérir la maison quand il a appris qu'elle pourrait être démolie. Il avait mis le projet de côté avant de le ressortir il y a une couple de mois. M. Coulombe juge important de sauver cette maison. Il s'agit d'une belle maison. Elle a une bonne valeur architecturale, mais rien d'exceptionnel, concède-t-il. Elle a par contre une valeur patrimoniale majeure en raison de l'importance du Dr Alexis Bouthillier dans l'histoire régionale.

M. Coulombe a imaginé un scénario pour réaliser son projet. Légalement, le Centre de santé et la Ville peuvent conclure une transaction de gré à gré. La maison pourrait ainsi être cédée gracieusement à la municipalité. Il faudrait ensuite trouver un organisme communautaire qui en a besoin et qui serait prêt à en devenir propriétaire.

Ville

La Ville loge déjà plusieurs organismes. Quand ils ne sont pas dans ses immeubles, elle assume ou contribue au loyer de certains. Parallèlement, par protocole formel, M. Coulombe s'engagerait à rénover la maison à ses frais. Le Centre de santé y trouve son compte en se délestant d'une responsabilité financière et morale à l'égard du patrimoine.

Irréaliste comme scénario? M. Coulombe a suivi un processus semblable dans un autre dossier, ici même à Saint-Jean. La transaction relevait cependant du domaine privé. Il note qu'il n'a pas d'intérêt commercial pour le bâtiment. En raison de sa dimension restreinte (environ 1500 pieds carrés), il s'insère mal dans son portefeuille immobilier.

Avec le directeur du Service de l'urbanisme, Luc Castonguay, il a visité la maison récemment. Il a trouvé son état «pas si pire». Le Centre de santé lui aurait dit que la rénovation coûterait autour du demi-million. Lui qui en vu pas mal dans la réfection de bâtiments historiques croit réaliste de s'en tirer pour moins de 200 000$. Et on connaît sa rigueur dans la conservation du patrimoine bâti.

La Ville est «très, très intéressée» par la démarche, indique Luc Castonguay. La Ville souhaite la conservation de ce bâtiment, mais ne pas l'acquérir. Elle avait déjà interpellé le Centre de santé à ce sujet. La proposition de M. Coulombe ne peut tomber mieux. Elle a repris contact avec l'organisme. La Ville est prête à agir comme intermédiaire pour faciliter un tel projet. Chose certaine, il est hors de question d'autoriser la démolition de cette maison.