Le projet-pilote de compostage avant l'été

Mont-Saint-Grégoire et l'île Sainte-Thérèse ciblées


Publié le 12 mars 2017

L'usine de compostage de Moose Creek, du côté ontarien de la Vallée de l'Outaouais.

©Gracieuseté Matrec

La municipalité de Mont-Saint-Grégoire et l'île Sainte-Thérèse sont les territoires retenus pour réaliser le projet pilote de cueillette de matières organiques. Le projet devrait se mettre en branle avant l'été.

Pour répondre aux objectifs de la nouvelle politique gouvernementale sur la gestion des matières résiduelles, les municipalités doivent récupérer et valoriser les matières organiques. Dans le Haut-Richelieu, douze des quatorze municipalités ont délégué la gestion des matières résiduelles à la MRC du Haut-Richelieu.

Il y a deux ans, la MRC a fait le choix de valoriser les déchets organiques par le compostage. Elle a chargé sa filiale, Compo-Haut-Richelieu de réaliser le projet. Depuis, Compo travaille au projet de construire une usine d'une capacité de 50 000 tonnes sur un terrain voisin de l'ancien site d'enfouissement Saint-Athanase.

Elle a d'abord dû obtenir l'autorisation de la Commission de protection du territoire agricole. Avant d'entreprendre la construction de l'usine, elle doit obtenir un certificat d'autorisation du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Projet pilote

En attendant, elle doit réaliser un projet pilote de collecte des matières organiques. Cette étape vise à caractériser les matières, autrement dit à déterminer le type de matières récupérées et dans quelle quantité. Les résidus domestiques organiques sont essentiellement des restes de table (pelures, os, restes de table) et des résidus de jardinage (feuilles, hachures de gazon, branches, retailles de haie).

Compo-Haut-Richelieu a identifié deux secteurs pour tenir ce projet, un en milieu urbain, l'autre en zone rurale. Mont-Saint-Grégoire a été choisi pour le test en milieu rural. Cette municipalité est celle qui obtient les meilleures  performances dans la gestion des matières résiduelles. Ses citoyens récupèrent beaucoup et jettent peu aux ordures.

En zone urbaine, l'île Sainte-Thérèse a été choisie principalement pour deux raisons. Ses limites sont clairement définies. L'arbitrage pour définir le territoire est facile. Ensuite, ses citoyens sont représentatifs de l'ensemble de la population. On retrouve des secteurs de plus haut de gamme comme des résidences plus modestes. Au départ, les immeubles à logements ne sont pas visés par le projet.

Bacs

L'objectif est de lancer le projet en juin, indique la présidente de Compo-Haut-Richelieu, la conseillère Christiane Marcoux. Actuellement, Compo magasine les bacs pour le projet pilote. Il lui en faut entre 3100 et 3200. Il reste à déterminer leur format (240 ou 360 litres) et s'ils seront dotés ou pas d'une puce électronique d'identification. Ces bacs seront hermétiques. Ils seront accompagnés d'un contenant pour la cuisine.

Il fallait aussi décider quoi faire des matières récupérées. Pour Mme Marcoux, il était hors de question d'acheminer ces matières dans un site d'enfouissement, même si c'est ce qu'il leur arriverait sans le projet pilote. Elle veut que les citoyens aient confiance dans le service et qu'ils soient motivés.

Il existe quelques sites de compostage en opération au Québec. Finalement, les matières seront apportées au centre de Matrec, à Saint-Hubert. C'est à cet endroit que se fera l'analyse de caractérisation. Par la suite, les matières seront transportées à l'usine de compostage de Matrec, à Moose Creek, du côté ontarien de la vallée de l'Outaouais.

Le projet d'usine de Compo-Haut-Richelieu est d'ailleurs calqué sur celui de Moose Creek. Mme Marcoux espère que le ministère de l'Environnement délivrera le certificat d'autorisation d'ici un an. Il semble que certaines MRC aient attendu dix-huit mois avant d'obtenir le leur. Par la suite, il faudra compter environ six mois pour construire l'usine. La mise en marche du système de récupération à l'échelle de la MRC pourrait se faire dans la deuxième moitié de l'année 2018.