Le mercredi, 30 mai 2007, Hebdo du Haut-Richelieu
Error processing SSI file
Error processing SSI file

Selon Richard Payette
«Le redressement de l'économie québécoise passe par la créativité des entreprises»

Gilles Bérubé



Richard Payette, président de Raymond Chabot Grant Thornton. - (Photo Rémy Boily)

Les solutions au redressement de l'économie québécoise sont dans les mains des entrepreneurs plus que dans celles des gouvernements. Les entreprises doivent faire preuve de créativité pour tirer profit d'investissements majeurs qui seront réalisés dans les prochaines années.

Le président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton, Richard Payette, était conférencier devant la Chambre de commerce du Haut-Richelieu, le mardi 22 mai. Le titre de sa conférence était «Faire les choses autrement».

D'entrée, M. Payette a présenté le bulletin du Québec en matière d'économie. Pas celui qu'il donne, celui qu'il lit, qu'il entend au quotidien dans l'actualité financière. Qu'on parle de produit intérieur brut, de revenus personnels, de dépenses publiques, de croissance, de productivité, le Québec est un cancre parmi les économies occidentales. L'ennui, c'est que ce n'est pas une situation passagère.

«Depuis 25 ans, c'est systématique», déplore M. Payette. À son avis, il n'y a pas de raison qui tienne pour expliquer cette situation. Autour de nous, les États américains et les provinces canadiennes évoluent dans un environnement similaire.

Il croit cependant qu'il est possible de remonter la pente à la faveur de nombreux investissements majeurs qui seront réalisés dans les prochaines années. Il parle notamment du chantier hydroélectrique Eastmain, de ceux des grands hôpitaux montréalais ou encore de la réfection des infrastructures de transports de la région métropolitaine. Les entreprises doivent tirer profit de cette conjoncture.

Esprit d'entreprise
Dans une allocution plutôt concise, M. Payette a avancé des pistes de solution. Pour un, les Québécois doivent faire confiance à leur esprit d'entreprise. Dans plusieurs domaines, les entreprises québécoises sont leaders non seulement sur le marché québécois, mais aussi à l'échelle internationale.

Il faut cesser de se fier uniquement à la grande entreprise pour développer l'économie québécoise. Les multinationales évoluent dans un contexte mondial où les enjeux locaux sont loin de leurs préoccupations. Ça n'empêche pas les entreprises québécoises de se tailler une place sur les marchés internationaux. Elles doivent rester à l'affût pour saisir les occasions. Il leur faut identifier les créneaux d'excellence dans lesquels elles seront les plus compétitives. À ce propos, le conférencier a mis en évidence les secteurs priorisés en Montérégie, soit l'industrie bioalimentaire, l'aéronautique et l'aérospatiale et le transport.

Et justement, dans un contexte commercial mondial, les entreprises québécoises ont intérêt à se regrouper pour affronter les grandes organisations ou les approvisionner. M. Payette a en substance plaidé pour les consortiums. Pas besoin de perdre son identité ni de s'éparpiller dans de multiples activités auxquelles on ne connaît rien. Il faut se concentrer sur son expertise et s'allier à des partenaires qui nous complètent bien. Il a fait allusion aux grands projets complexes que sont les futurs hôpitaux pour illustrer la nécessité des alliances.

En outre, par souci d'efficacité, les grandes entreprises ont tendance à réduire leur nombre de fournisseurs. Elles délaissent les plus petits qui n'arrivent pas à rencontrer leurs exigences.

Employés
Par ailleurs, M. Payette est convaincu que l'amélioration de la productivité passe par la valorisation de la contribution des employés au développement de l'entreprise. Les employés sont au coeur de l'activité de l'entreprise, observe-t-il. Ils sont les mieux placés pour trouver les solutions à la productivité et pour innover. Enfin, les gouvernements ont aussi leur bout de chemin à faire en réduisant la lourdeur administrative et en allégeant le fardeau fiscal.

En réponse à une question de l'auditoire, M. Payette a insisté sur l'importance de trouver des solutions concrètes, terre-à-terre. C'est le défi de créativité que les entrepreneurs ont à relever. À une observation sur les obstacles de plus en plus nombreux qui se posent à la réalisation de projets, M. Payette a mis un bémol. Les groupes de pression, a-t-il répondu, ne font que réaliser leur mission. Il croit par contre que la communauté d'affaires et le gouvernement ont manqué de leadership dans certains dossiers.

Error processing SSI file
      © 2007 - - Tous droits réservés.