Le mercredi, 30 mai 2007, Hebdo du Haut-Richelieu
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C'est la Semaine des personnes handicapées

Valérie Legault

«La vie est différente pour tous, mais qui voudrait chausser les souliers d'une personne handicapée?», se demande Pierre Cajolais. En cette Semaine québécoise des personnes handicapées, du 1er au 7 juin, le directeur général du Regroupement des usagers du transport adapté et collectif (RUTAC) du Haut-Richelieu pousse la réflexion dans l'espoir de voir naître une société plus soucieuse de leur intégration.

Considérant la jeunesse comme un vecteur de tolérance, Pierre Cajolais rendra visite aux élèves de secondaire 1, 2 et 3 de la polyvalente Marcel-Landry, entre le 31 mai et le 7 juin. Son témoignage portera sur les effets positifs de l'acceptation des différences. Il encouragera les élèves à sensibiliser leur entourage à l'ouverture aux autres.

Le directeur général du RUTAC qui a perdu la vue il y a un peu plus de 25 ans sait qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire pour intégrer les personnes handicapées. La construction immobilière, dit-il, est un bon exemple de laxisme en matière d'accessibilité. Des travaux vont cependant dans la bonne direction. À l'hôtel de ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, par exemple, M. Cajolais se réjouit de la construction future d'une rampe d'accès et de l'installation d'un ascenseur menant à la salle du conseil. Il voit aussi d'un bon oeil les heures prolongées, les soirs et les fins de semaine, du transport adapté.

Il reste cependant plusieurs zones grises à défricher, à commencer par le maintien des personnes handicapées à domicile. «Les aidants naturels font de la sous-traitance sans être rémunérés. Ils sont confinés dans une prison sans barreaux. Ce n'est pas étonnant qu'ils affichent un taux de suicide élevé», déclare Pierre Cajolais.

Solution gagnante
Pourtant, dit-il, le maintien à domicile est une solution gagnante tant pour le gouvernement que la population. Les bénéficiaires de soins vivent dans leur milieu, ce qui est beaucoup plus valorisant. Malheureusement pour ceux qui vivent seuls, le nombre d'heures de soutien permis par le programme Chèque-emploi-service est insuffisant, déplore Pierre Cajolais. De leur côté, enchaîne-t-il, les préposés qui participent au programme sont sous-payés, ce qui rend leur recrutement ardu en Montérégie.

«Une personne hébergée au centre Gertrude-Lafrance coûte 60 000$ par an à l'État. En comparaison, le programme de maintien à domicile coûte 16 000$ pour le travail d'un préposé à 44 heures par semaine», indique M. Cajolais. Même si on ajoutait 20 heures de plus de soins à domicile par semaine, le gouvernement économiserait encore et les personnes handicapées s'en porteraient mieux, conclut-il.

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