Le mercredi, 26 mars 2008, Hebdo du Haut-Richelieu

La première école secondaire à profiter de ce service dans la région
Un Club des petits déjeuners à Marguerite-Bourgeoys

Marie-Josée Parent



Suzette Turcotte, responsable du Club des petits déjeuners de l'école Marguerite-Bourgeoys, entourée de trois élèves bénévoles, Ève Dupuis, Jeanne Courtois-Lamothe et Charles-Maxence Verreault. - (Photo Stéphanie Brûlé)

En entrant à l'école Marguerite-Bourgeoys, une heure avant le début des classes, on a l'impression de mettre les pieds dans un restaurant de déjeuners. Du corridor, on sent le fumet appétissant des crêpes sur la poêle. Depuis deux mois, de bonnes odeurs de nourriture sillonnent ainsi chaque matin les couloirs grâce à l'arrivée du Club des petits déjeuners.

Il est 6h30. Les cinq premiers bénévoles arrivent à l'école Marguerite-Bourgeoys. En deux temps trois mouvements, leurs tabliers sont enfilés et le chapeau en filet est ajusté sur leur tête. Il n'y a pas une minute à perdre. D'ici une heure, plus d'une cinquantaine d'enfants feront la file pour recevoir une assiette bien garnie.

Devant les anciens fours du local d'économie familiale, les cuisinières s'activent. Trois étudiantes coupent les grappes de raisin, pendant que deux adultes responsables préparent le mélange à crêpes. En moins de 30 minutes, tout est prêt. Les plaques où grésille déjà la pâte dorée fonctionnent à plein régime. 200 crêpes seront faites ce matin-là.

Une heure après l'arrivée de l'équipe de travail, les fruits sont lavés, le lait est versé dans des verres, les yogourts sont sortis du réfrigérateur et le plat principal attend d'être servi accompagné d'une lapée de sirop d'érable. Un service digne d'un restaurant quatre étoiles, mais destiné à une clientèle qui compte sur ces adultes pour bien manger le matin.

Nouveauté
L'école du centre-ville est d'ailleurs la première de la région de niveau secondaire à offrir le service aux étudiants à Saint-Jean-sur-Richelieu. Une centaine des 610 élèves de l'établissement se sont inscrits et plus de la moitié d'entre eux y mangent quotidiennement.

Chaque matin, des repas santé leur sont distribués moyennant une somme de 0,50$ par élève. «C'est un montant symbolique pour enseigner aux enfants qu'il n'y a rien de gratuit dans la vie, explique la coordonnatrice des clubs des petits déjeuners de Saint-Jean-sur-Richelieu, Isabelle Leblanc. Les parents qui auraient de la difficulté à le débourser pourraient toutefois prendre une entente avec le club. On ne refusera pas quelqu'un pour ça».

La facture payée, les élèves ont droit à une assiette composée de fruits frais et accompagnée de produits laitiers comme des yogourts et du lait. Le menu principal n'est jamais le même. Bagels au fromage, crêpes, pain doré, rôties, croissants, muffins anglais, les jeunes ont droit à une variété d'une journée à l'autre.

Derrière la confection de tous ses plats, Suzette Turcotte, cuisinière, dirige l'organisation quotidienne des déjeuners. Ancienne responsable de la cafétéria, la bénévole se charge de la préparation des repas, de la distribution des tâches et de l'approvisionnement. Chaque jour, son équipe est formée d'environ cinq élèves et d'un adulte. De lourdes responsabilités pour cette femme qui doit se lever à 5h30 pour être au poste à l'heure.

«Je le fais pour les enfants. Tout le monde est toujours de bonne humeur. Il y a beaucoup d'élèves inscrits, mais nous pourrions en avoir encore plus. Il y en a qui sont gênés de venir ou ne savent tout simplement pas c'est quoi», souligne Suzette Turcotte, qui voudrait augmenter le nombre de ses convives au cours des prochains mois.

Succès
Même s'il serait possible de servir plus d'assiettes, la direction de l'école considère déjà comme un succès l'arrivée du Club des petits déjeuners. «La réaction des élèves est extrêmement positive, c'est au-delà de nos attentes. Plusieurs membres du personnel déjeunent aussi ici. Il se tisse des liens serrés entre eux et les jeunes», affirme Alain Camaraire.

Difficile de cibler exactement la clientèle qui bénéficie du service. Comme tout le monde y a droit, il y a peut-être autant d'étudiants qui viennent pour le plaisir de déjeuner entre amis que parce qu'ils n'ont rien dans le garde-manger.

«Du côté de l'école, on veut seulement s'assurer que tout est en place pour que les jeunes aient la tête tournée seulement vers les études. Comme plusieurs adolescents de leur âge, plusieurs ne prennent pas le temps de déjeuner. On leur force ainsi un peu la main pour que leur journée soit plus facile», soutient le directeur.

L'arrivée du Club des petits déjeuners à l'école Marguerite-Bourgeoys, le 21 janvier, porte à sept le nombre d'établissements scolaires de Saint-Jean-sur-Richelieu qui offrent le service aux élèves. Au total, ce sont plus de 70 bénévoles à travers la municipalité qui servent un demi-millier de repas chaque matin.

Pour avoir droit à l'aide de l'organisme, l'indice de défavorisation de l'école fixée par le ministère de l'Éducation, des Loisirs et Sport doit être élevé. Seule la polyvalente Marcel-Landry, au chapitre des établissements secondaires de la commission scolaire des Hautes-Rivières, pourrait obtenir le service si elle le souhaite, selon le rapport de 2007.


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